Des têtes nucléaires à Khojir


Iran Des « preuves » d’un programme nucléaire militaire, selon les Moudjahiddin

Un centre de commandement à Téhéran, et un site secret de fabrication de têtes d’ogives à 30 km de là…

En 2003, les Moudjahiddin du Peuple avaient déjà révélé l’existence d’un programme nucléaire secret iranien.

Cinq ans plus tard, ils disent récidiver : selon le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) – c’est sous ce nom qu’opère ce mouvement d’opposition, toujours listé comme organisation terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne – l’Iran poursuit bien un programme de recherche et de fabrication de l’arme nucléaire.

Le CNRI a en effet présenté mercredi à Bruxelles un ensemble de photos et d’informations précises se rapportant à deux sites spécifiques. Le premier, appelé Mojdeh, est situé à Téhéran-Lavizan : il s’agirait, selon le CNRI, du centre de commandement et de contrôle de la mise au point de l’arme atomique. Ce site jouxte l’université Malek Ashtar, qui ferait en réalité partie du complexe. « Mojdeh », du nom d’une rue voisine, constitue une cellule indépendante du ministère de la Défense, et serait dirigé par un scientifique de 47 ans, Mohsen Fakrizadeh Mahabadi, membre des Gardes islamiques de la révolution, le bras armé du régime des mollahs.

L’autre révélation porte sur le site militaire de Khojir. Celui-ci est situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Téhéran, et était déjà connu pour abriter des installations de la société Hemmat, filiale de l’entreprise aéronautique iranienne, qui construit les nouveaux missiles de moyenne portée Shahab-3. Cette fois-ci, le CNRI indique que ses « investigations » lui ont permis d’établir qu’une nouvelle zone, portant le numéro de code « 8500 », abrite les travaux de mise au point de têtes nucléaires. Selon Mohammad Mohadessin, président du comité des affaires étrangères du CNRI, le personnel employé sur l’ensemble du site de Khojir n’a pas accès au site « 8500 », sinon les spécialistes exclusivement affectés à ses travaux. Le site « 8500 » abriterait des tunnels, photos satellites et terrestres faisant foi. Interrogé sur ses sources, Mohammad Mohadessin a indiqué mercredi à Bruxelles que le CNRI « dispose de centaines de personnes à tous les niveaux du régime iranien », y compris sur les sites en question, balayant allusivement la thèse des Etats-Unis et de l’Agence internationale de l’énergie atomique, selon lesquels le CNRI obtient ses informations de services de renseignement d’un pays hostile à l’Iran, sous-entendu, Israël.

Le Conseil de résistance a transmis ces informations mardi à l’AIEA, lui demandant d’envoyer incessamment ses inspecteurs afin de vérifier ces sites et d’interroger les experts iraniens responsables…

JUREK KUCZKIEWICZ

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