Microsoft doit 1,676 milliard à la Commission

Informatique Nouvelles astreintes records de près de 900 millions d’euros infligées au géant américain, accusé de traîner les pieds

La Commission européenne a mis un point final à un premier contentieux avec Microsoft en ajoutant mercredi près de 900 millions d’euros d’amende à son ardoise, mais n’a pas renoncé à enquêter sur le géant américain des logiciels. La nouvelle amende, d’exactement 899 millions d’euros, correspond à des astreintes journalières pour la période du 21 juin 2006 au 21 octobre 2007 et sanctionne le manque de bonne volonté du groupe pour rendre ses logiciels plus ouverts. C’est la somme la plus élevée jamais réclamée à une seule entreprise par les services européens de la concurrence.

La commissaire à la Concurrence Neelie Kroes a malgré tout jugé le montant « très raisonnable » étant donné la durée de l’infraction. « Nous aurions pu aller jusqu’à 1,5 milliard », a-t-elle relevé. « Au total, Microsoft nous doit 1,676 milliard. » Convertie en dollars, l’ardoise se monte à 2,5 milliards. Mais on notera que sur le seul 1er semestre de son exercice 2007-2008, Microsoft a engrangé un bénéfice net en hausse de 47 % à… 9 milliards de dollars. Le titre Microsoft a d’ailleurs à peine frémi à la Bourse de New York à l’annonce de la décision de la Commission.

Bras de fer

La nouvelle amende s’ajoute à celle initiale de 497 millions d’euros infligée en mars 2004, quand la Commission a condamné une première fois Microsoft pour abus de position dominante. Bruxelles a alors exigé que le groupe communique à ses concurrents les informations techniques permettant à leurs produits d’interagir avec les siens, et qu’il cesse d’inclure le lecteur multimédia MediaPlayer à son système d’exploitation Windows. En juillet 2006, le groupe rechignant à coopérer, la Commission avait alourdi une première fois la note, de 280 millions d’euros. Il avait fallu plus de trois ans de bras de fer, et une décision de la justice européenne favorable à la Commission le 17 septembre 2007, pour que Microsoft accepte le 22 octobre les exigences européennes.

Le groupe de Redmond a d’ailleurs annoncé la semaine dernière une série de mesures « pour améliorer » l’interopérabilité de ses produits, renonçant au secret entourant depuis toujours ses logiciels vedettes. Mais la Commission reste sceptique. « Ça ne coûte pas cher de parler. Attendons de voir les faits réels », a noté Neelie Kroes, qui a rappelé avoir lancé mi-janvier deux autres enquêtes (sur Internet Explorer et Office) contre le groupe américain, toujours en cours. (afp)

AFP

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