« Elle est en train de mourir »

Colombie Les otages libérés par les Farc mobilisés pour Ingrid

Les FARC ont libéré quatre otages. Qui dénoncent le très mauvais état de santé d’Ingrid Betancourt, malade du foie.

Merci, merci. J’étais morte, mais vous êtes venus pour nous. J’ai recommencé à vivre. » Gloria Polanco, la seule femme parmi les quatre ex-parlementaires colombiens libérés mercredi par la guérilla colombienne des Farc – Forces armées révolutionnaires de Colombie –, a exprimé avec émotion toute sa gratitude à la délégation venue les accueillir dans la jungle colombienne.

La guérilla avait affirmé avoir choisi de libérer sans conditions ces quatre otages, détenus depuis plus de six ans, en raison de leur mauvais état de santé. S’ils ont semblé en assez bonne forme, les otages ont immédiatement attiré l’attention sur les difficiles conditions de vie de la dernière femme otage détenue par les Farc, Ingrid Betancourt.

« Ingrid est très très très malade, a ainsi raconté l’ex-sénateur Luis Eladio Perez, qui l’a vue pour la dernière fois le 4 février. Elle est physiquement et moralement épuisée. Elle est fort maltraitée par la guérilla, qui passe sa rage sur elle : elle est enchaînée, ses conditions de vie sont presque infrahumaines, elle est entourée de personnes qui lui font la vie dure. Elle a un problème au foie qui l’affecte énormément, et elle pourrait être la dernière à sortir… » « Ingrid souffre d’une hépatite B récurrente et est proche de la fin », a précisé Gloria Polanco.

« Nous devons mener une immense campagne pour la sortir de là le plus vite possible, elle et les derniers séquestrés. C’est un appel que je fais à la communauté internationale, au président Chavez, au peuple vénézuélien, au peuple colombien, nous devons la sauver et il y a un problème de temps », a ajouté Luis Eladio Perez dans une interview à la radio colombienne Caracol. Il a cependant ajouté, avec espoir, qu’« Ingrid sera un jour présidente de Colombie », et indiqué qu’elle lui avait remis une ceinture tissée de ses mains pour sa fille Mélanie, et des messages pour sa famille.

« Une situation d’urgence »

Ces nouvelles sur sa santé ont évidemment épouvanté les proches de l’ex-sénatrice franco-colombienne. « On n’a plus le temps. Maman, l’être que j’ai de plus cher au monde, est en train de mourir. On est dans une situation d’urgence », a expliqué jeudi à Paris, au bord des larmes, le fils d’Ingrid Betancourt, Lorenzo Delloye, lors d’une conférence de presse improvisée à Paris.

Son père, Fabrice Delloye, était à ses côtés : « Les dernières nouvelles sur la santé d’Ingrid et de certains de ses compagnons de captivité sont plus qu’alarmantes, elles sont épouvantables. » Il a expliqué qu’Ingrid avait contracté, pendant sa détention, en 2004, une hépatite B, et que la maladie était revenue. Or l’hépatite peut déboucher sur une cirrhose du foie, voire sur un cancer. « Chaque fois, ça diminue les défenses de l’organisme. Maintenant, une nouvelle attaque sur cet organisme amaigri, si elle n’est pas soignée vigoureusement, va forcément conduire Ingrid vers la mort », a-t-il averti, avant de lancer un nouvel appel pour sa libération.

Le Président vénézuélien Hugo Chavez, qui a joué un rôle clé dans la libération des six otages que les Farc ont jusqu’ici libéré unilatéralement, a immédiatement lancé, concernant Ingrid, un appel au chef de cette guérilla, Manuel Marulanda : « Marulanda, la première chose que je te demande de tout cœur est de la confier à un commando plus proche de toi dans la perspective de sa libération définitive. Je crois que c’est urgent. » Hugo Chavez a été très clair. Reste à savoir s’il sera entendu. A temps.

VERONIQUE KIESEL

Le portfolio : Ingrid Bétancourt

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