Se faire des amis en musique


Musique Playtime lance Musicmakesfriends dans neuf pays

Stocker sa musique sur un serveur, l’écouter à partir de n’importe quel ordinateur et en faire profiter les autres.

Ecouter gratuitement de la musique en ligne sans s’attirer les foudres de l’industrie du disque et en la partageant avec ses amis n’est plus un fantasme d’internaute. Surfant sur la déferlante des webradios et sur le succès de communautés musicales comme le site Last.fm, la société luxembourgeoise Playtime lance ce mercredi son service MusicMakesFriends.

Il permet de disposer – sans frais – d’un espace de 2 Go (l’équivalent d’un petit iPod) et d’y stocker sa musique, à partir de sa collection de CD ou de fichiers MP3. L’intérêt ? On peut ensuite les écouter à partir de n’importe quel ordinateur, avec un simple navigateur web et une connexion à haut débit. Mieux, il est possible de créer des playlists de ses chansons favorites et d’en faire profiter d’autres internautes, tout aussi gratuitement. C’est Playtime qui rétribue les firmes de disques et les sociétés de droits d’auteur, tout en se payant grâce à la publicité qui s’affiche sur les pages du site.

A côté de cette version limitée, MusicMakesFriends sera également disponible, dès ce mercredi, dans une version étendue mais payante. Pour 8,99 euros par mois, les internautes de neuf pays européens, dont la Belgique, disposeront d’un espace de stockage de 20 Go et pourront puiser à volonté dans le catalogue de plus d’un million et demi de chansons.

Parmi les « majors » de la musique, EMI, Universal et Sony BMG ont déjà signé avec Playtime, de même que plus de 9.000 labels indépendants. « Dans la vie, les gens se décrivent notamment par les goûts musicaux, rappelle Alexandra Fernández Ramos, directrice générale de MusicMakesFriends. Notre ambition est de créer une large communauté de passionnés de musique qui pourront, grâce à notre site, partager leurs découvertes. »

Ex-lieutenant de Bellens

Aux commandes de Playtime, on trouve également Bruno Chauvat, qui en est l’administrateur délégué. Peu connu du grand public, ce n’est cependant pas un nouveau venu dans le monde des médias numériques. Bruno Chauvat était en charge de la stratégie pour Didier Bellens, lorsque l’actuel patron de Belgacom était encore à la tête de RTL Group. En 2005, il a également été de l’aventure du lancement de Belgacom TV. Il était notamment à la manœuvre lors de la négociation pour l’acquisition des droits du foot par l’entreprise publique.

Avec MusicMakeFriends, son défi est de taille, alors que la jeune entreprise doit se démarquer de sites d’envergure internationale, comme Last.fm, qui draine déjà des millions d’internautes, en proposant d’écouter librement de la musique tout en partageant ses playlists. « Ce qui nous différencie d’autres communautés de musique en ligne, c’est avant tout la possibilité de stocker la musique sur nos serveurs puis d’y accéder avec n’importe quel ordinateur, poursuit Alexandra Fernández Ramos. De plus, chez MusicMakesFriends, il n’y a aucune velléité d’espionner le consommateur. Chacun choisit ce qu’il veut découvrir de lui-même sur son profil et nous ne publions aucune statistique d’écoute. »

Le message est clair : un amateur pointu de musique contemporaine pourra y préciser qu’il fait son miel en écoutant Stockhausen ou Tristan Murail. Mais personne ne pourra découvrir la part d’innommable que recèle son jardin secret comme le révèlent quotidiennement les statistiques d’écoutes de chaque membre de Last.fm. Même s’il écoute en cachette les œuvres complètes de Frank Michael ou les reprises en chinois d’Eddy Wally.

ALAIN JENNOTTE

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