Fin de la crise avec l’Equateur

Colombie Le raid contre les Farc en territoire équatorien est oublié

Les présidents Correa et Uribe se sont réconciliés vendredi soir, sous l’œil du Vénézuélien Hugo Chavez.

Les présidents équatorien Rafael Correa et colombien Alvaro Uribe ont annoncé vendredi la fin de la crise en Amérique latine, lors du sommet du Groupe de Rio à Saint-Domingue. A l’issue de vifs débats, Correa s’est dit prêt à considérer comme « dépassée » la crise, déclenchée le 1er mars par le raid de l’armée colombienne sur le territoire équatorien contre un camp de la guérilla colombienne des Farc. C’est au cours de ce raid qu’avait été tué Raul Reyes, le nº 2 des Farc.

En signe d’assentiment, Uribe s’est aussitôt levé pour aller serrer la main de son homologue équatorien, sous les acclamations des autres dirigeants latino-américains, qui se sont tous mis debout pour célébrer l’événement. Conséquence immédiate : le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a annoncé dans la foulée la reprise des relations diplomatiques avec la Colombie.

Il est à noter que le président colombien a également serré longuement la main de son homologue vénézuélien Hugo Chavez, qui soutenait l’Equateur dans son conflit frontalier avec la Colombie.

Et pourtant, tout le contentieux n’est peut-être pas vidé entre ces pays. Flash-back.

En mai 2007, la Colombie avait invité le procureur de la Cour pénale internationale à enquêter sur l’ensemble des crimes de droit humanitaires commis dans le pays. Le procureur, Luis Moreno Ocampo, s’y est rendu en octobre.

Au siège de la juridiction à La Haye, on confie de bonne source que « dès cette époque, les autorités colombiennes avaient évoqué la nécessité de porter devant la justice internationale les questions de trafic d’armes et de financement des Farc par trois pays voisins, dont le Venezuela et l’Equateur. » On n’est donc pas étonné qu’Uribe ait annoncé, mardi, son intention de déposer plainte contre le Vénézuélien Hugo Chavez pour « parrainage et financement de génocide ».

Officiellement, le dirigeant colombien base sa démarche sur une lettre découverte dans l’ordinateur de Raul Reyes. Dans cette lettre, Hugo Chavez s’engagerait à remettre 300 millions de dollars à la guérilla. Mais il apparaît donc que Bogotá n’avait pas attendu d’inspecter le disque dur du numéro deux des Farc pour soupçonner Chavez de les soutenir activement.

Quoi qu’il en soit, le financement de crimes de droit humanitaire est effectivement passible de poursuites internationales.

AFP, JEAN-JACQUES FRANK

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