Trois mois, un an, trois ans ?

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Leterme Ier est enfin sur les rails. Jusqu’à l’été et la réforme de l’Etat ? Jusqu’en 2009 et les élections régionales ? Jusqu’en 2011, terme de la législature ? Les paris sont déjà ouverts.

Prédacteur en chef adjoint

Regardez bien cette photo…

Regardez attentivement cet agrégat de frustrations, de solitudes, d’indifférences, de certitudes et de haines corses. C’est peut-être l’instantané du dernier miracle à la belge.

Bien sûr, il y a le Roi. Vous le reconnaîtrez facilement : c’est le seul personnage qui rit, franchement. Comme votre papa le jour où on lui a retiré le clou qui, depuis neuf mois, lui perçait le talon.

L’homme que l’on voit au centre de la photo n’est pas le Premier ministre. Même s’il en a la prestance et l’ambition. Le vrai Premier est ce brave garçon voûté, à droite d’Albert II.

Il s’appelle Yves Leterme. Il a l’air surpris d’être là. Nous aussi.

Rien ne lui aura été épargné. Quelques instants auparavant, le Roi a lourdement rappelé qu’il était nommé « sur proposition de Guy Verhofstadt ». On a déjà connu adoubement moins cynique.

La devise de ce nouveau gentil est : « Vérité et prudence ». Il lui reste quelques semaines, sous peine de lourde chute, pour ajouter à son blason : « charisme et vision ». Car enfin cet homme tient le sort du pays entre ses mains, pour l’heure sur la couture du pantalon. Figé dans cette humble posture, volontairement asexué, on voit bien qu’il veut convaincre la terre entière de sa bonne volonté.

Las ! Ses amis n’ont manifestement qu’une très relative confiance dans ses capacités managériales. Ils l’ont donc flanqué d’une belle-mère : le président du CD&V en personne. C’est le grand homme gris qui pose, seul et fier, au troisième rang.

Vous noterez que le nouveau secrétaire d’Etat à la Mobilité, « adjoint » au propre comme au figuré à Yves Leterme, a le regard fixé sur la ligne bleue de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Aïe, aïe, aïe !

Regardez bien cette photo : on n’y voit pas la N-VA qui pourtant y est. Mais on y compte sept femmes. On entend déjà les oh ! et les pâmoisons. Sans blague ! Il y en avait autant, l’autre siècle, dans les gouvernements Martens.

Celle qui baisse la tête au deuxième rang semble plus triste que ses deux collègues du premier. Pardi : sous prétexte de la faire monter au fédéral, son président vient de la descendre.

Ses deux amies, elles, devisent agréablement, ce qui fera dire au monsieur qui a l’air d’être le Premier ministre, qu’elles incarnent parfaitement le « cartel PS-CDH ». À moins que Laurette Onkelinx s’échine, par des questions ne nécessitant que des réponses positives, à « dénoniser » Joëlle Milquet ? Mais Chastel semble dubitatif. À la gauche de la dame triste, il y a un homme gai comme s’il suçait un sucre : Bernard Clerfayt. Lors des dernières municipales, il s’était gaussé de sa rivale, la même Onkelinx, qu’il accusait de vouloir filer au gouvernement une fois élue. Les voilà, joyeux, de concert dans le rôle du poil à gratter. Mais enfin : le FDF est dans la place. On veut dire au chaud. À la main de Didier Reynders.

Regardez bien cette photo. En quoi se distingue-t-elle des équipes qui ont posé sur ce perron depuis 15 ans ? Par le nombre, évidemment ! Cette foultitude d’excellences est ridicule et inutile. On attendait une équipe de salut public. On nous donne à voir l’image cauchemardesque de la particratie triomphante. Tudieu ! on se croirait au millénaire précédent.

Equipe mammouth pour mission délicate
Politique La réforme de l’Etat pour juillet, sur fond de crise socio-économique

Le Premier ministre se lance au Parlement à la tête d’un gouvernement kaléidoscopique, truffé de grosses pointures.

Éclairage

Un gouvernement du centre ? de centre-gauche ? centre-droit ? de gauche ? de droite ? chrétien-démocrate ? démocrate-chrétien ? social-démocrate ? socialiste ? libéral ? conservateur ? progressiste ? écologiste ? troisième voie ?… Vous n’y pensez pas ! Des catégories politiques ? Comme vous y allez !

Non : un gouvernement obligatoire après une crise de près d’un an ; un gouvernement kaléidoscopique, entre cinq partis et autres formations en cartel ; un gouvernement inclassable, comme notre système politique, voué aux coalitions Nord-Sud et aux alliances de toutes sortes, aime à les produire, en forme de punition collective.

Et, au milieu, vous le savez : Yves Leterme. Bien dans le ton. Nommé Premier ministre jeudi matin par le Roi, et qui s’est lancé l’après-midi au Parlement, où il réclamait la confiance des députés et des sénateurs, en prononçant un discours qui n’est ni un projet, ni un plan, ni même une feuille de route, mais un catalogue programmatique relié par un volontarisme proclamé à… onze reprises.

Les voici : « Nous voulons être un gouvernement qui renforce le pouvoir d’achat » ; « nous voulons être un gouvernement qui rémunère ceux qui entreprennent et qui travaillent », « nous voulons être un gouvernement qui donne aux demandeurs d’emploi de meilleures chances d’arriver sur le marché et qui les pousse à les saisir » ; « qui aide ceux qui sont touchés par la maladie ou la malchance » ; « qui garantit le financement de soins de santé de qualité » ; « qui soutient les familles » ; « qui investi dans un environnement sain » ; « qui garantit mieux la sécurité des citoyens » ; « qui utilise soigneusement l’argent du contribuable » ; « qui valorise la diversité culturelle de notre société » ; « qui se sait responsable de la communauté internationale et qui est solidaire du Sud »…

Pas la réforme ni la révolution, mais un devoir dense, une copie noire de « mesures concrètes », pour une tâche multiforme, ingrate presque, à laquelle ne se consacrera pas pour autant une troupe d’exécutants et de soldats, mais une armée de patrons et de chefs.

Cela, non seulement parce que le gouvernement démarre sous de mauvais auspices socio-économiques, qui nécessiteront de se mesurer aux contraintes et à la rigueur : de l’aveu même du Premier ministre hier, son équipage prend la mer « sans le vent de la croissance économique, et dans un creux budgétaire »…

Mais encore parce que ce gouvernement se fixe pour objectif de mettre au point, dès la « mi-juillet », un « deuxième projet de loi spéciale » sur la réforme de l’État, « nécessaire », dont « chaque citoyen, qu’il soit Flamand, Wallon, Bruxellois ou germanophone, tirera profit », ce qui ne pourra être le fait que d’une majorité capable de résister aux luttes intestines, aux assauts entre partenaires, au terrible jeu des rapports de forces entre bleus, rouges, oranges, Flamands, francophones…

Cette majorité consciente de « ses limites », qui devra oser « prendre des risques », même si « ceux-ci nous rendent vulnérables », prévient Yves Leterme, se devait d’être hors normes.

D’où le grand chambardement politique auquel a donné lieu l’attribution des portefeuilles ministériels (lisez les pages suivantes), avec rien de moins, pour le coup, que les changements à la présidence de deux partis (le CD&V et le CDH !), et de deux gouvernements fédérés, la Région wallonne et la Communauté française.

Un vaste remaniement dicté en partie par des raisons propres aux différents partis (voir le super-Demotte de campagne, au PS), et qui a pour effet d’étoffer l’exécutif fédéral (quinze ministres + sept secrétaires d’État !), de le bétonner, aux mains désormais de personnalités et de poids lourds.

Des gens pas là, a priori, pour trébucher au premier obstacle, tomber au premier écueil, mais au terme seulement d’une bataille homérique, d’un affrontement grandeur nature, peut-être communautaire, avec le chaos que l’on devine alors pour le pays. Les partis se sont placés en ordre de bataille jusqu’au sein même d’une majorité pentapartite absolument sans queue ni tête politiquement, mais plurielle en diable, multipolaire forcenée, partie à l’aventure.

Albert II réduit lui-même son rôle

La composition du gouvernement Leterme Ier réserve plus d’une surprise. Mais une autre est apportée par le Roi lui-même. Une nouveauté, plutôt. A découvrir dans l’un des communiqués du Palais, jeudi : « Le Roi a reçu en audience M. Guy Verhofstadt, Premier ministre. Le Roi a accepté la démission de M. Verhofstadt de ses fonctions de Premier ministre et a, sur la proposition de celui-ci, nommé M. Yves Leterme, Premier ministre. »

« Sur la proposition de » : voilà bien une première, semble-t-il. D’ordinaire, le Roi ne précise jamais sur proposition de qui il nomme quelqu’un. D’autant que, s’il est un moment de la législature où le souverain a une certaine liberté, un peu de pouvoir politique, c’est bien celui de la formation d’un gouvernement. Lorsqu’il peut désigner formateur et informateur, puis ministres et secrétaires d’Etat.

Bien sûr, chacun sait que tout cela se fait de manière consensuelle, et sur proposition des principaux partis concernés. Le souverain n’ayant plus guère le pouvoir d’imposer ou de refuser une personnalité.

Mais tout de même. De là à prouver noir sur blanc que le Roi renonce lui-même à ce zeste de pouvoir – alors qu’il ne s’était déjà pas imposé durant les longs mois de formation gouvernementale –, cela peut étonner.

Au Palais, on explique cela par « la simultanéité » : « Un Premier ministre s’en va, un autre arrive, sans passer par un formateur : c’est une situation inédite. On a donc marqué la simultanéité ».

Pour le sénateur-constitutionnaliste Francis Delpérée (CDH), « le Roi a sans doute voulu aussi montrer qu’il joue fair-play. Car, dans tous les documents officiels, parlementaires, comme la déclaration gouvernementale du 23 décembre 2007, il était déjà dit qu’avant le 23 mars, Guy Verhofstadt céderait la place de Premier ministre à quelqu’un d’autre. »

Et Delpérée de noter que la pratique constitutionnelle a été respectée à la lettre à un autre égard : « Si le Premier ministre démissionne, toute son équipe doit démissionner. Il ne peut démissionner seul. » C’est bien ce qui s’est passé entre Verhofstadt III et Leterme Ier, même si nombre de ministres ont rempilé.

Hésitante, elle a fini par dire oui

Jusqu’au bout, Joëlle Milquet aura hésité, donc (lire ci-contre). Mais la présidente du CDH a fini par dire oui. Elle montera au gouvernement. La décision est tombée jeudi matin, en bureau de parti, sous la pression (« unanime », dit-on) des membres de l’état-major centriste.

Une pression soutenue par des arguments. Il a notamment été dit que si Milquet refusait de rallier Leterme Ier, le parti allait peut-être envoyer le signal que le CDH « n’allait que d’un pied dans le gouvernement Leterme ».

Autre argument : maintenant que Leterme Ier est sur pattes, l’intérêt va désormais se déplacer des partis vers l’exécutif. André Antoine ayant décliné l’invitation à filer au fédéral (Milquet a encore tenté de le convaincre, jeudi matin), la tâche revenait à la patronne, identifiée comme la plus « carapacée » pour l’aventure. Le fait est là, aussi : foi de sondages, Milquet n’« existe » jamais aussi bien (et le CDH à travers elle…) que lorsque la « cheffe » croise le fer en négociation, avec les partenaires flamands sur l’institutionnel, avec le MR sur le socio-économique…

On notera que Leterme lui-même, en début de semaine, une fois scellé l’accord de majorité, avait signalé à Milquet son souhait de la voir rallier l’équipe.

Oui ? Non ? L’hésitation était réelle dans le chef de Milquet, et fondée sur deux appréhensions. La première : lâcher la direction d’un parti qu’elle préside depuis 1999. Un parti qu’elle incarne – mieux que personne pour l’heure – et encore fragile (les scores électoraux de juin n’étaient pas ronflants). L’autre appréhension : la perspective de cohabiter avec un autre vice-Premier (Reynders) avec qui les relations sont tout bonnement exécrables.

Oui ? Non ? Milquet a donc dit oui. Mais pas question de rester à la présidence – « Ce serait éthiquement discutable », a-t-il été dit. Et… Reynders aurait eu beau jeu de rappeler que lorsqu’il s’est mis à cumuler les Finances et la direction du MR, le CDH n’a pas été le dernier à dénoncer l’impossibilité d’un tel cumul. Un biais a donc été trouvé. Milquet devient ministre mais restera à la présidence jusqu’à l’automne.

C’est malin. Milquet est ministre et assure donc la visibilité du parti au gouvernement. Et avec sa casquette présidentielle, elle pourra s’impliquer dans le débat institutionnel – domaine où la fermeté de « Madame Non » est payante pour le CDH en général, pour l’intéressée en particulier.

Doublement malin : si Leterme Ier capote sur l’institutionnel en juillet (c’est l’échéance fixée par le CD&V/N-VA), Milquet pourra se présenter à sa propre succession au CDH – le scrutin n’ayant lieu qu’à l’automne…

Qui pour succéder ? Lutgen ? Antoine ? Ou… Milquet ?

Joëlle Milquet aura donc hésité longtemps avant d’accepter d’embarquer dans le gouvernement Leterme Ier.

C’était non à 6 h 30, à l’issue de la négociation nocturne avec les présidents de parti.

C’était toujours non vers 8 heures, lors d’un comité restreint – les proches de Milquet se divisant grosso modo 50-50 en « pour » et « contre ».

C’est devenu oui lors du bureau de parti, réuni dans la foulée.

Rencontrant ensuite la presse, la présidente du CDH a expliqué : « À la base, je n’étais pas vraiment demandeuse (de devenir ministre). Mais le parti a vraiment insisté pour que j’y aille. Ils ont considéré que je devais poursuivre le travail commencé avec les négociations et qu’il y avait dans le pays une situation qui nécessitait la stabilité du gouvernement. »

Embarquant au fédéral, Milquet va passer le relais. Tout de suite ? Non. L’élection aura lieu en septembre, selon des modalités que le Comité des sages du parti fixera sous peu.

Qui pourrait reprendre la succession ? On cite beaucoup de noms. D’André Antoine (le ministre wallon est invariablement cité dans ce genre de circonstances…), à Maxime Prévot (jeune échevin à Namur), en passant par Benoît Lutgen, actuellement ministre régional de l’Environnement. On cite encore Catherine Fonck, ministre de la Santé en Communauté.

Qui tient la corde ? Lutgen, ancien membre de la garde rapprochée de Milquet – un proche parmi les proches.

Lutgen ? Plausible. Parmi les arguments plaidant en sa faveur, on évoque notamment le fait que ce Bastognard incarnerait un CDH « rural », peut-être plus en phase avec la sociologie réelle du parti. Mais il n’y a pas que des arguments « pour ». Jeune (ça n’aide pas toujours…), et parfois jugé un peu « léger », Lutgen pourrait payer sa proximité avec Milquet. On pourrait assimiler ce relais à celui que Gérard Deprez tenta d’imposer en 1995 avec… Milquet – cousue de fil blanc, l’opération cabra l’arrière-garde qui réussit à imposer Ch.-F. Nothomb.

Mais l’automne est loin. Ne négligeons pas la possible candidature d’une certaine… Joëlle Milquet. Si Leterme Ier explose à l’été (sur la mine institutionnelle), elle se proposera sûrement à sa propre succession.

Sous les intitulés, des compétences

Un bon GPS ne serait parfois pas de trop pour suivre les méandres de la composition du Leterme 1er. Des portefeuilles disparaissent, des intitulés changent, des compétences apparaissent. Parfois, on s’interroge. Quoi, un secrétaire d’Etat sans compétence (Bernard Clerfayt, MR) ? Un autre (Olivier Chastel, MR) chargé de « préparer la présidence européenne de la Belgique » en 2010 ? Un ministre (Vincent Van Quickenborne, VLD) chargé de « l’entreprise », alors qu’une autre (Inge Vervotte, CD&V) est en charge des entreprises publiques ? Pas de transport, pas d’environnement ? On pourrait hausser les sourcils. Politologue à Mons, Pierre Vercauteren y voit le signe que Leterme Ier « veut clairement marquer ses priorités ».

Un tour d’horizon. Clerfayt, sans compétence, mais adjoint au ministre des Finances, remplacera celui-ci dans « de nombreuses réunions » internes au département et l’assistera au Parlement. Côté socialiste, on ironise sur ce secrétaire-d’Etat-chargé-de-la-rédaction-des-réponses-parlementaires-de-Didier-Reynders. Clerfayt représentera son ministre au comité de coopération de Beliris, l’accord de coopération assurant le rôle international de Bruxelles. Certains y voient la belle-mère libérale de la socialiste Onkelinx, aussi élue de Schaerbeek. Enfin, le secrétaire d’État sera en charge de la fiscalité verte et suivra les dossiers bruxellois de la Régie des Bâtiments.

Chastel, à la préparation de la présidence européenne ? Il sera en fait l’adjoint de son ministre « sur tous dossiers », internationaux, européens ou de commerce extérieur. Vendredi, il sera déjà à Ljubljana…

À Frédéric Laloux (PS) la lutte contre la pauvreté. Peanuts ? Lui aussi devra préparer un événement pour 2010 : l’Année européenne de lutte contre la pauvreté. Prévu aussi : un programme de réduction de la pauvreté, la lutte contre le surendettement, la réduction de la fracture numérique et les sans-abri.

Julie Fernandez-Fernandez (PS) à la politique des handicapés. Une bonne partie de cette compétence est régionale ou communautaire, mais la nouvelle se fait fort de favoriser l’emploi des handicapés dans les secteurs public et privé. Elle songe aussi à l’extension du congé parental et aux allocations familiales majorées. « Je serai la porte-parole et la défenseur des personnes handicapées au sein du gouvernement. »

Rassurons les inquiets, le ministère des Affaires économiques (concurrence, politique des prix) n’a pas disparu ; Van Quickenborne a préféré le baptiser ministère de l’Entreprise. Il devra composer avec Sabine Laruelle (MR, PME et indépendants) et Paul Magnette (PS, protection des consommateurs). Il y a du protocole de coopération dans l’air…

Enfin : Melchior Wathelet (CDH), chargé de la politique des familles, fera-t-il son trou dans une matière où les décisions concrètes dépendent d’autres ministres ? Avant lui, Gisèle Mandaïla a éprouvé la difficulté de l’exercice.

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LES PORTFOLIOS : le gouvernement belge
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