Répétition virtuelle pour opérer le cerveau

Neurochirurgie A l’UCL, une première en Belgique

Un système informatique en trois dimensions permet
de répéter les gestes à poser lors d’interventions majeures.

Sur l’écran, l’image d’un cerveau tourbillonne, piloté avec un joystick, comme celui qu’on emploie dans les jeux vidéo… ou pour piloter la dernière génération d’Airbus. Les couches successives peuvent être enlevées d’un clic. La peau, les os, le système circulatoire apparaissent selon l’exploration de l’opérateur.

Aux commandes, le professeur Christian Raftopoulos, le chef du service de neurochirurgie des cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles. Le premier à disposer d’un dextroscope, un appareil capable d’opérer une neuronavigation chirurgicale en trois dimensions. Le nez chaussé de lunettes rouges et vertes, on voit l’intérieur de la tête du patient aussi nettement que si l’on pouvait le saisir. Objectif : celui d’un simulateur, comme pour piloter un avion. Mais avec une grande différence. Le dextroscope n’affiche pas les données d’un corps-type, mais les données exactes du malade qui doit être opéré. Or, le cerveau humain est très complexe : « Il contient deux cents milliards de neurones, autant qu’il y a d’étoiles dans la galaxie, souligne Christian Raftopoulos. Et certains d’entre eux entretiennent des connexions avec 50.000 autres neurones. C’est dire qu’en établir même un schéma grossier est difficile. C’est pourquoi disposer de la carte du cerveau la plus précise possible est essentiel. »

Sur l’écran, le système circulatoire, à l’allure d’araignée géante, apparaît en surbrillance. Le neurochirurgien fait une hypothèse de l’endroit où pénétrer dans le crâne pour aller opérer un anévrisme. « Ici, voici la “tute” qui signale l’anévrisme. Je peux faire pivoter l’image dans l’axe exact où je vais opérer, alors qu’il y a encore quelques semaines, je devais reconstituer cette image mentalement à partir de clichés bidimensionnels à échelle différente ». En répétition, toutes les erreurs sont permises. Une voie qui paraît prometteuse peut soudain être trop proche d’une zone trop critique. Le film de la vraie intervention montre pourtant qu’une surprise attendait le chirurgien, un deuxième anévrisme, minuscule. Le scanner et la résonance magnétique ne l’avaient pas vu. « Mais la familiarisation poussée avec le système circulatoire de mon patient m’a mis en garde plus nettement qu’avec l’emploi d’anciennes techniques, plus exploratoires », souligne Christian Raftopoulos.

SOUMOIS,FREDERIC
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