L’adieu à Jules Dassin

Décès Un maître du film noir est décédé à Athènes

Le cinéaste américain Jules Dassin, est décédé lundi à Athènes à l’âge de 96 ans, des suites d’une grippe. Jules Dassin, dont la santé était défaillante depuis des années, est mort dans une clinique privée, où il était soigné pour une fracture à la hanche, ont précisé les médecins.

Né le 18 décembre 1911 à Middletown (Connecticut, Etats-Unis), Jules Dassin s’était installé à Athènes en 1959, avec son épouse, l’actrice grecque Mélina Mercouri. Sa longue carrière cinématographique, qui lui a fait explorer tous les genres, de la chronique sociale au film noir, a notamment été marquée par le succès de Naked City (La cité sans voile) en 1948 et du thriller réalisé en France Du rififi chez les hommes, grand prix de la réalisation à Cannes, en 1955.

Le réalisateur était surtout connu comme un maître du film noir, un genre dans lequel il était passé maître, avec Les forbans de la nuit, dans lequel jouait Richard Widmark, décédé lui-même la semaine dernière.

Jules Dassin fut longtemps un militant communiste qui ne savait pas « vivre sans engagement politique ». Il a été obligé de fuir les Etats-Unis en plein maccarthysme (1950), puis est devenu sur la fin de sa vie citoyen grec après la mort de son épouse, l’actrice Mélina Mercouri (1994).

Dassin avait d’abord mené des études d’art dramatique en Europe. Comédien au Yiddish Teaser de New York en 1936, il fut metteur en scène puis auteur d’émissions radiophoniques à succès. Quand un agent lui propose de faire carrière à Hollywood, il fait taire ses scrupules et enchaîne les films de série B qu’il déteste. Il tourne aussi une série de courts-métrages dont plusieurs consacrés à de grands interprètes de musique classique (Pablo Casals, Arthur Rubinstein, Jascha Heifetz…). Thomas Mann et Brecht, qui ont fui le nazisme, comptent alors parmi ses meilleurs amis.

Sa filmographie d’après-guerre compte quelques classiques de cette époque : outre les titres déjà cités, on se souvient des Bas-fonds de Frisco (1949), Celui qui doit mourir (1957) d’après le roman de Nikos Kazantzakis, puis La loi (1958), d’après l’œuvre de Roger Vailland. Installé à Athènes, Jules Dassin réalise Jamais le dimanche (1960), comédie dont il est également la vedette masculine aux côtés de Melina Mercouri (Grand prix d’interprétation à Cannes). Topkapi (1964) est un joyau du suspense.

Jules Dassin était le père de deux enfants dont Joe, le chanteur populaire des années soixante et septante, décédé prématurément en 1980. (afp)

AFP
Cette entrée a été publiée dans Culture, avec comme mot(s)-clef(s) , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.