Mission de la dernière chance

Ingrid Betancourt
Colombie La vie d’Ingrid Betancourt ne tiendrait plus qu’à un fil.

Nicolas Sarkozy a lancé un appel désespéré aux Farc. La France expédie une mission humanitaire sans délai en Colombie.

 Libérez Ingrid Betancourt et ceux des otages qui sont le plus affaiblis. » En termes dramatiques, le président Nicolas Sarkozy s’est adressé mardi directement, via la presse, à Manuel Marulanda, le chef de la guérilla colombienne.

L’appel pressant du chef de l’État fait écho à l’inquiétude des proches et des comités de soutien à Ingrid Betancourt, qui redoutent le pire. D’après les informations communiquées par d’anciens otages, et par d’autres sources en Colombie, il se confirme en effet que l’état de santé de l’otage s’est gravement détérioré : non seulement Ingrid Betancourt est atteinte d’une hépatite B et de leishmaniose (une maladie de la peau) mais elle aurait atteint les limites de sa résistance physique et morale. Ses anciens compagnons de détention confirment aussi qu’elle vit dans des conditions extrêmement dures, n’hésite pas à défier ses gardiens et serait désormais incapable de se déplacer à pied dans la jungle. D’autres sources affirment qu’elle a cessé de s’alimenter depuis plusieurs semaines.

L’assassinat de Raul Reyes par l’armée colombienne, alors que le porte-parole des Farc était en train de négocier sa libération et attendait la visite d’émissaires français, a représenté un coup dur pour la cause d’Ingrid Betancourt et retardé encore l’éventuel moment de la libération.

Des guérilleros

réfugiés en France ?

L’appel de Nicolas Sarkozy a relancé toutes les hypothèses, celle d’un dénouement imminent comme celle d’une issue dramatique. En effet, dans un langage peut-être codé et destiné aux guérilleros des Farc, le Premier ministre François Fillon a confirmé que la France pourrait accueillir des prisonniers des Farc libérés par Bogotá et leur accorder le statut de réfugiés politiques. Ingrid Betancourt fait partie des 39 otages dits politiques que la guérilla, en lutte depuis 1964 contre les autorités colombiennes, veut échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.

Alors que la France maintient une extrême discrétion sur les négociations en cours, que le président vénézuélien Hugo Chavez se tait depuis plusieurs jours ainsi que son collègue d’Équateur Rafaël Correa, les proches d’Ingrid Betancourt, eux, expriment les plus vives inquiétudes. Dans une vidéo diffusée à la presse, le fils d’Ingrid Betancourt, Lorenzo Delliye, a clamé son angoisse : « Il y a urgence. Urgence pour la vie. Urgence pour la liberté. Ma mère est otage des Farc depuis six ans et va très mal. Ce n’est qu’une question de semaines. » À Bogotá comme à Paris, c’est désormais en jours que l’on compte…

Les opérations militaires

interrompues

Mais mardi, dans la foulée de l’intervention de Nicolas Sarkozy, la France a décidé d’envoyer toutes affaires cessantes une mission humanitaire en Colombie. Le président colombien Uribe a donné son accord à ce qui ressemble bel et bien à une opération de la dernière chance. Le week-end dernier déjà, la présidence avait prépositionné un avion médicalisé en Guyane, prêt à parer à toute éventualité. Cette fois, il s’agit ni plus ni moins « de prendre contact avec les Farc et d’obtenir accès à Ingrid Betancourt ».

Alvaro Uribe a donc donné son feu vert à cette tentative. Pour faciliter cette mission, la Colombie a décidé de cesser toutes ses manœuvres militaires dans le secteur où Ingrid Betancourt doit être détenue. En tout cas, une fois que les autorités locales seront informées des coordonnées du point de rencontre entre la délégation française et les rebelles.

BRAECKMAN,COLETTE,DEFFET,ERIC,AFP
LE PORTFOLIO : Ingrid Bétancourt
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