La Wallonie rejette le biogaz

Albert Frère
Energie André Antoine, ministre de l’Energie, ne subventionnera pas le grisou

Albert Frère entend exploiter le grisou wallon.
Mais la Région ne reconnaît pas cette énergie comme « verte ».

La Compagnie nationale à portefeuille (CNP) a annoncé mercredi la création d’une co-entreprise avec la société gazière australienne European Gas. Objectif : exploiter le méthane des gisements houillers belges, luxembourgeois et néerlandais. Soit le grisou des anciennes mines.

Le holding d’Albert Frère se heurtera, en Wallonie du moins, à un inconvénient pécuniaire non négligeable : la région ne reconnaît pas ledit gaz comme une énergie renouvelable. Autrement dit, les exploitants du grisou ne recevront pas de « certificats verts », système qui permet de subventionner les énergies renouvelables.

« Ce gaz est renouvelable, estime, quant à lui, Jacques Bougard, ingénieur qui a mené pour le compte de la Région wallonne, une étude sur le méthane des gisements houillers wallons. Depuis des siècles, ce gaz se dégage faiblement mais continuellement du sol. Si la régénération n’existait pas, les émissions seraient nulles depuis longtemps. Il s’agit donc d’une énergie renouvelable qui est d’ailleurs considérée comme telle en Allemagne, en France, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. » Pas en Wallonie.

« Il l’est d’autant plus, continue Jacques Bougard, qu’il s’agit d’un mélange de CH4 et de CO2 : le CH4 est vingt et une fois plus polluant que le CO2 ; or, en brûlant ce mélange, on le transforme en CO2. Bref, on pollue moins. En Allemagne, une centaine de petites centrales fonctionnent avec ce biogaz. »

Au cabinet d’André Antoine (injoignable ce jeudi), ministre wallon de l’Énergie, la position est claire : « Le grisou n’est pas une énergie verte : comment un gaz peut-il être renouvelable ? », expliquait, voici quelques semaines, Jacques Alexandre, expert du cabinet. « Les certificats verts ne sont absolument pas faits pour cela. »

Gilles Samyn, bras droit d’Albert Frère, patron de la CNP, avait tenté, voici quelques semaines, d’assouplir la position ministérielle. Sans succès. Ce revers n’a cependant pas découragé l’investisseur carolorégien. « La position de la région n’est pas très logique », considère Gauthier de Potter, directeur de Transcor, filiale de la CNP qui s’est associée au groupe australien. L’absence de certificat vert hypothèque-t-elle le projet ? « Nous ne sommes pas en mesure de le dire aujourd’hui. Nous n’avons pas encore fait d’analyses suffisamment étayées. »

CONDIJTS,JOAN
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