La « deuche » fête ses 60 ans

Anniversaire Une expo est en cours à Paris, et Rochefort lui fera la fête en août

Née en 1948 et retirée de la production en 1990, la Citroën 2CV n’a jamais vraiment quitté l’actualité automobile.

Mon plaisir en 2CV, c’est charger un bac de bières dans le coffre et partir en balade avec des amis ; le soir, on se retrouve autour d’un feu de camp, un peu dans l’esprit scout… » « Moi, ce qui m’intéresse, c’est plutôt de rechercher l’origine d’une 2CV, son histoire et d’ensuite la reconstruire à l’identique. La plupart des propriétaires en possèdent plusieurs et, autrefois, on trouvait encore des carcasses sous une meule de foin et on les négociait contre une bouteille de pastis ou de vin. Mais, en consultant les magazines et les sites internet, les gens ont pris conscience de la valeur de leur bien. »

Bavardant dans une allée entre une 2CV-motorhome et un break habillé de bois, deux collectionneurs parmi beaucoup d’autres sont intarissables sur leur passion commune. Et le neuvième Citroën Jumble rassemblant 800 anciennes voitures (Ami 6, ID, DS, SM, Traction, Panhard, 2CV…) offre l’occasion d’en débattre sur l’esplanade la Citadelle de Namur transformée dimanche dernier en camp de vacances, entre parasols, barbecues et quelques véhicules atypiques : une DS ambulance avec mannequin et matériel médical ou une Traction tirant une maison en bois avec géraniums au balcon.

Mais la vedette du jour, c’est la 2CV qui fête ses 60 ans (elle est apparue à l’automne 1948) et dont la carrière s’est poursuivie jusqu’au début des années 90. Depuis, elle n’a jamais quitté l’actualité, entre « mondial de la 2 CV » (plus de 3.000 voitures rassemblées l’an dernier en Suède), courses à Francorchamps (les « 24 Heures 2CV » y reviendront en 2009), ICCR (International Citroën Car Club Rallye) mis sur pied tous les 10 ans (à Rome cette année) et d’autres rendez-vous multiples : à Dunkerque par exemple le prochain week-end et surtout à Rochefort en août.

Abordable en 2008, une 2CV ? Comptez 5.000 euros pour une voiture en bon état mais on en trouve « dans leur jus » à partir de 2.500-3.000 euros. Les Mehari font grimper l’addition (plus de 8.000 euros) et des modèles de collection trouvent acquéreur à 35.000 euros ou plus (2CV Sahara). Si votre budget est dépassé, les Dyane, bien que plus confortables, sont meilleur marché, car elles ne sont pas assimilées par les puristes à une vraie 2CV.

Plus chère à l’usage

« A l’usage, estime Claude Loits, président du 2CV Dyane Club de Belgique (200 membres), la 2CV est devenue plus onéreuse notamment à cause du prix de l’essence ». Née bien avant la première crise pétrolière, la populaire Citroën avale 6 à 7 litres aux 100 km, voire 9 ou 10 si on hausse le rythme. Une voiture dépassée ? « Par rapport à l’économie d’énergie, un peu, admet un collectionneur. Par contre, tenue de route et donc sécurité passive sont incroyables et les performances restent très honorables. Le problème est que les autres automobilistes ne s’en rendent pas compte, vous coupent la route ou ne supportent pas d’être dépassés par une 2CV à 120 km/h sur autoroute. »

« Et puis, les clubs vont mourir doucement, prédit Claude Loits. Les membres rechignent à payer 20 euros de cotisation alors qu’ils peuvent trouver via internet toutes les infos et les pièces de rechange que nous avons renoncé à stocker dans le club, faute d’intérêt. »

Le monde change, mais personne n’ose imaginer la mort de la 2CV !

Plus qu’une voiture, un style de vie

On ne peut pas dire que la 2CV avait provoqué un enthousiasme spontané au Salon de Paris 1948 avec ses lignes d’un autre âge par rapport à ses rivales Renault 4 CV et Peugeot 203, sa simplicité quasi monacale et sa suspension ultrasouple. Elle était pourtant bien plus élaborée que la « TPV » (Très Petite Voiture) imaginée dans les années 30, aux allures de « quatre places sous un parapluie » et se contenant d’un seul phare et d’un seul feu rouge par souci d’économie.

La seconde guerre mondiale interrompra provisoirement les études reprises en 1945 sous le même signe de l’austérité : plate-forme caisson, caisse en tôle emboutie, moteur bicylindre 375 cc, 4 temps, refroidissement par air. Mais dotée quand même d’un deuxième phare, d’un démarrage électrique, des sièges conventionnels et d’une 4e vitesse surmultipliée, sans oublier cette curieuse suspension. Si le lancement fut un peu lent, la « deuche » va bientôt conquérir des publics très variés, de l’artisan à l’agriculteur et du pensionné aux familles de vacanciers, grâce à son confort, à sa robustesse et à un entretien aisé. Au volant, le capot plongeant, la boule du levier de vitesse en position centrale, le toit repliable et la position « couchée » dans les virages lui attireront une immense sympathie bientôt assimilée à un art de vivre. Et, dans sa dernière version Charleston des années 80, la 2CV était une des rares voitures qui attirait des gestes de sympathie dans le trafic. Progressivement plus élaborée (grande lunette arrière, nouvelle capote en tissu synthétique, autres garnitures de sièges, tableau de bord plus moderne, porte de malle arrière), la 2CV, produite aussi à Forest, s’éteindra le 27 juillet 1990 au Portugal. Après avoir été vendue à 3,7 millions d’exemplaires et en laissant dans son sillage plus qu’un brin de nostalgie.

Aujourd’hui et dans la foulée d’un prototype C-Cactus très dépouillé, Citroën planche sur une transposition sinon de la 2CV de 1948, du moins de son esprit qui, sous la pression écologique, pourrait à nouveau séduire les foules.

Expo à Paris

Expo à Paris

Jusqu’au 30 novembre Paris

accueille à la Cité des sciences et de l’industrie le 2CV Expo Show, qui est ouvert tous les jours sauf le lundi.

Infos : www.cite-sciences.fr

Touareg Trail au Benin

Pour la quatrième année, vingt-cinq 2CV quitteront Bruxelles le 1er novembre pour un périple d’un mois et de 8.300 km qui les conduira au Bénin via le Maroc, la Mauritanie, le Mali et le Burkina Faso. « Un raid sportif et culturel, commente un des organisateurs présent dimanche dernier à Namur, avec des épreuves type “chasse au trésor”. Les équipages sont originaires de différents pays, deux tiers des logements se font en bivouac et un tiers à l’hôtel, et un camion d’assistance suit. Le prix – 5.200 euros- comprend hébergement, repas, bateau, avion Cotonou-Bruxelles, rapatriement des voitures et assistance hors pièces de rechange. »

Infos : http://www.cite-sciences.fr

Rendez-vous à Rochefort

On compte un millier de 2CV immatriculées en Belgique), les 60 ans seront l’occasion d’une fête de cinq jours à Rochefort, du 7 au 12 août : marché des pièces, balades, concert, camping.

info@2cv60rochefort.com

PARTZ,YVES DE
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