Microsoft renonce à Yahoo !

Economie Après trois mois de blocage

Il n’y aura finalement pas de bataille boursière autour de Yahoo ! Après trois mois de vains efforts et d’échanges acerbes, le géant américain des logiciels Microsoft a annoncé samedi le retrait de son offre d’achat sur le groupe internet. Jusqu’au dernier moment, le premier a essayé de convaincre le second de céder à ses avances. Il avait relevé son offre à 33 dollars par action, faisant augmenter le prix d’achat initial (44,6 milliards de dollars) de 5 milliards supplémentaires. Mais rien n’y a fait. L’offre initiale était pourtant déjà de 62 % supérieure au cours de Bourse de Yahoo ! à l’époque.

Selon Microsoft, la firme californienne était beaucoup plus gourmande et exigeait 37 dollars par action. « Cette somme n’est pas raisonnable, a déclaré le patron de Microsoft Steve Ballmer. Il est dans le meilleur intérêt des actionnaires et des salariés de Microsoft que nous retirions notre offre. Yahoo ! aurait accéléré notre stratégie mais nous pouvons avancer sans lui. »

Pour rappel, Microsoft cherche à mettre la main sur Yahoo ! pour se renforcer sur le marché de la publicité en ligne et créer un acteur capable de rivaliser avec le numéro un incontesté du secteur, Google. Le marché de la pub en ligne est très prometteur. Il dépasse aujourd’hui les 40 milliards de dollars et devrait doubler d’ici 2010. Google en capte plus de 30 %, Yahoo ! environ 14 % et Microsoft 6 % seulement.

Face à l’intransigeance du management et du conseil d’administration de Yahoo !, la firme de Redmond aurait pu décider de passer en force et de proposer son offre directement à tous les actionnaires de Yahoo ! Mais elle y a renoncé. Dans une lettre ouverte au patron de Yahoo !, Jerry Yang, Steve Ballmer explique qu’il a renoncé à cette manœuvre hostile car « dans ce cas, vous auriez pris des mesures qui feraient de Yahoo ! une acquisition indésirable pour Microsoft ».

Une alliance avec Google

Steve Ballmer fait ici référence à un projet d’alliance entre Yahoo ! et son rival Google dans lequel Yahoo ! envisage de lui sous-traiter le placement de publicités sur ses pages de recherche. Un tel accord pourrait cependant être bloqué par les régulateurs, car à eux deux, Google et Yahoo ! ont plus de 80 % du marché des recherches sur internet.

Yahoo ! s’est réjoui « que la distraction de cette offre non sollicitée et largement sous-évaluée » soit derrière lui. Le groupe internet reste néanmoins très fragilisé par cet épisode alors qu’il rencontre depuis de nombreux mois de grosses difficultés sur ses marchés. Une alliance avec l’un ou l’autre des acteurs majeurs de l’internet semble inévitable. Il y a fort à parier que les grandes manœuvres ne font que commencer.

MUNSTER,JEAN-FRANCOIS
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