Un cargo se brise au décollage

Zaventem On ne dénombre aucune victime et le trafic a été peu perturbé

L’avion, ancien, avait dû emprunter la piste 20 dont bourgmestres et riverains critiquent l’utilisation « abusive ».

Un avion-cargo de la compagnie américaine Kalitta Air s’est brisé en deux avant le décollage, dimanche, vers 13 h 30, à Bruxelles National, en bout de piste 20. Il n’a pas eu le temps de survoler Sterrebeek, Wezembeek-Oppem et Crainhem. Quatre des cinq personnes à bord – l’équipage, américain – ont été très légèrement blessées. Le Boeing 747 transportait 76 tonnes de matériel et faisait route vers Bahreïn. Un plan catastrophe a été déclenché et un périmètre de sécurité tracé afin de colmater une fuite à l’un des réservoirs qui laissait échapper du kérosène. Les pompiers et polices des communes voisines ont été sollicités mais, selon le gouverneur du Brabant flamand, Lode De Witte, la sécurité des populations n’a pas été menacée. Le trafic aérien et ferroviaire n’a été que peu perturbé. Dimanche, le secrétaire d’Etat à la Mobilité, Etienne Schouppe, a déclaré que rien ne pouvait mettre en cause la piste de décollage et qu’il fallait attendre les résultats de l’enquête du parquet. Les appareils de Kalitta Air sont connus pour leurs avaries à répétition. A bonne source, on nous a indiqué que « l’avion, ancien, trop chargé, avait dû utiliser en côte, comme c’est le cas pour tout autre décollage le dimanche de 6 à 17 h, la piste 20, la plus courte (2.000 m) et la moins bien équipée »

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Jusqu’à l’entrée en vigueur du « plan Anciaux » de dispersion des vols, en avril 2004, cette piste 20, secondaire et « de secours » depuis 1958, ne servait pas au décollage, de jour. Sa dangerosité a été pointée à trois reprises par le Conseil d’Etat. Et l’étude commandée par Biac au bureau AAC révèle que « l’utilisation de cette piste, au décollage, réduit dangereusement les marges de sécurité à Bruxelles National ». Plus longue (3.000 m), la piste 25 R est plus confortable et mieux équipée. « Mais les avions qui l’utilisent, ironise un proche du dossier, survolent le jardin de Bert Anciaux », l’ex-ministre, auteur du plan qui porte son nom.

Les cinq bourgmestres de l’est de Bruxelles et les associations de riverains exigent de leur côté qu’on mette fin à « toute utilisation abusive, illicite et dangereuse de la piste 20 ».

LAMENSCH,MICHELLE
LE PORTFOLIO : Crash à Zaventem
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