L’empire du surréalisme

Musée Le Musée Magritte s’ouvrira le 9 juin 2009 à Bruxelles
Un Magritte de 1.600 m2 pour cacher les travaux. Le mystère de « L’empire des lumières » brille dans la nuit.

Soudain, le tableau s’éclaire. Le réverbère posé devant la maison de L’empire des lumières fait vibrer une étrange et mystérieuse luminosité, reflétée par l’eau dans ce tableau noir qui s’échappe vers le ciel bleu et vers le ciel gris de la vraie toile du ciel. C’est gigantesque et beau. La brillance du réverbère de la toile se réfléchit dans celle du vrai réverbère posé sur le trottoir. Du surréalisme en plein Bruxelles. C’est d’une pertinence rare.

Un peu après 21 heures, mardi soir, le beau monde se presse place Royale. Au geste commun de Didier Reynders, ministre des Fiances, et de Gérard Mestrallet, le PDG de Suez, le linge blanc qui recouvrait la bâche entourant le futur Musée Magritte s’abat, révélant une toile superbe, sous les applaudissements.

Pouvait-on imaginer plus bel écrin que cette bâche illuminée par René Magritte pour à la fois cacher les échafaudages et les travaux et attirer les regards vers cet hôtel XVIIIe siècle qui abritera, l’année prochaine, le Musée Magritte ? La bâche fait 1.600 m2. La lanterne en est éclairée la nuit, grâce à des panneaux solaires installés sur le toit.

Ce recouvrement du chantier scénarise magnifiquement ce qui se dévoilera le 9 juin 2009 : la plus grande collection de Magritte au monde. Non seulement des toiles, mais aussi des dessins, des gouaches, des photos, des lettres, des documents. Sur plus de 2.500 m2, s’offriront l’art, la pensée et la vie de René Magritte. De quoi attirer, estime Michel Draguet, le directeur des Musées royaux des beaux-arts, quelque 650.000 visiteurs par an.

Ces travaux qui commencent aujourd’hui, cette ouverture programmée l’année prochaine, la scénographie des lieux, tout cela n’a été possible que par une collaboration inédite : l’Etat, les Musées royaux des beaux-arts, la Fondation Magritte et Suez. Le groupe privé intervient pour 4,5 millions d’euros, l’Etat pour un million. Le Musée expose ses œuvres et ses documents. La Fondation prête des œuvres et des documents. Une formule qu’il faudra sans doute reprendre pour d’autres réalisations culturelles à Bruxelles et ailleurs en Belgique : elle montre en tout cas ici que sa philosophie est efficace.

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE,LEGRAND,DOMINIQUE
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