Distrigaz sera italien

Energie ENI s’offre 57 % du groupe gazier pour 2,7 milliards
Suez vend son bloc dans Distrigaz. ENI négocie toujours avec Publigaz, l’autre grand actionnaire.

C’est signé. Gérard Mestrallet, le patron de Suez, et Paolo Scaroni, le patron de l’énergéticien italien ENI, ont conclu ce jeudi la vente du bloc de 57,25 % que le groupe franco-belge possède dans Distrigaz, la société spécialisée dans la distribution du gaz en Belgique. « C’est une étape importante dans le processus de fusion avec Gaz de France », souligne Gérard Mestrallet, qui rappelle que cette cession constituait la condition la plus importante pour que la Commission européenne donne son feu vert au mariage. Parallèlement à cette vente, Suez achète à ENI une série d’actifs qui remplaceront Distrigaz.

Le Premier ministre Yves Leterme s’est félicité de l’opération : « La position industrielle forte d’Eni offre d’importantes opportunités pour le marché belge en ce qui concerne la sécurité d’approvisionnement, le rôle de Zeebruges en tant que plaque tournante et une concurrence renforcée », dit-il. Davantage de concurrence ? « Oui, répond Jean-Pierre Hansen, numéro deux de Suez : il y aura une plus grande disponibilité de gaz naturel pour alimenter les centrales électriques TGV (fonctionnant au gaz) qui sont annoncées par nos concurrents sur le territoire belge ».

ENI possède en effet le plus important portefeuille gazier d’Europe, constitué de contrats à long terme avec une série de pays, allant de la Russie à la Libye. Et le groupe détient aussi des installations de production de gaz, en Italie, au Royaume-Uni en Egypte, en Algérie… Chez ENI, on n’est pas mécontent : Distrigaz remplit une case au Nord de l’Europe et dispose d’une excellente équipe de négoce du gaz.

Pour croquer le groupe belge, ENI a dû mettre le prix : 6.809,64 euros par action (sans compter le dividende 251,36 euros), alors que le titre Distrigaz, se traitait fin de la semaine dernière, avant sa suspension à 6.289,99 euros. Ce prix valorise la totalité du groupe à 4,8 milliards d’euros. Suez empochera donc 2,7 milliards d’euros et inscrira une plus-value de 2 milliards. La facture pourrait encore être augmentée, car dans les actifs de Distrigaz se trouve Distrigaz and Co, une filiale qui s’occupe du transit et dont la Commission européenne a demandé la cession à Fluxys (le groupe qui gère le réseau). Si le prix de vente de cette filiale devait dépasser 350 millions d’euros, ENI payerait alors un complément.

La vente de Distrigaz, toutefois, est soumise à plusieurs conditions. D’abord, la fusion effective de Suez et Gaz de France. À ce sujet, les conseils des deux sociétés sont convoqués mercredi prochain. Il faut aussi que la Commission européenne donne son feu vert.

Et il convient enfin que l’autre grand actionnaire de Distrigaz, le holding Publigaz, qui regroupe des intérêts communaux et possède 31,25 % du groupe gazier, ne fasse pas jouer son droit de préemption. ENI négocie actuellement avec le holding public, qui pourrait troquer aussi sa participation dans Distrigaz contre une participation renforcée dans Fluxys. Le président de Publigaz, Daniel Termont a indiqué jeudi qu’ENI devait donner de « solides garanties d’approvisionnement ».

Mais les négociations avancent : Paolo Scaroni évoquait ce jeudi la possibilité d’une OPA sur Distrigaz après les vacances.

Magnette laisse la porte ouverte à Electrabel

Le ministre de l’Énergie, Paul Magnette, a indiqué jeudi que si Electrabel « venait frapper » à sa porte, la négociation sur la contribution de 240 millions que le gouvernement lui demande pourrait reprendre.

Paul Magnette avait annoncé lundi qu’un accord était intervenu. Mardi, Electrabel répondait qu’il n’en était rien.

Colère du ministre. Mercredi, le gouvernement calmait le jeu. À suivre… (b)

THOMAS,PIERRE-HENRI

Cette entrée a été publiée dans Economie, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.