Liège sous le déluge

Intempéries Pluies diluviennes, torrents boueux et embouteillages homériques
La cité ardente et ses environs ont sérieusement trinqué jeudi matin. Les pompiers ont reçu plus de 2.000 appels.

La région de Liège s’est éveillée sous un ciel noir, éblouissant de tonalités grises à faire pâlir un peintre paysagiste en mal d’inspiration. Précipitant le calendrier de l’été, la migration des orages se répète à quinze jours d’intervalle pour faire craquer sa colère dans une foudre d’enquiquinements : inondations subites, coulées de boue, éboulements de terrain, embouteillages monstres… Jeudi vers 9 h le ciel s’est totalement obscurci, au point qu’on a rallumé l’éclairage public ! L’orage venu du Luxembourg n’a pas évité l’agglomération liégeoise. Et s’il s’est révélé plus violent que prévu. Au total, les pompiers ont enregistré 2.200 appels entre 8 h et la fin de l’après-midi !

Comme c’est presque devenu une habitude – la dernière inondation remonte à quinze jours seulement – lors d’un orage un tant soit peu violent, la place Saint-Lambert a bu la tasse.

La valse des raclettes y a aussitôt démarré dans un concert de grommellements qui couvre les claquements du tonnerre : « On en a marre, claironne une commerçante de la place noyée dans la boue. Cela fait des années que cela dure ! Les égouts ne suivent plus, les taques d’égout se soulèvent et un torrent d’eau et de boue vient tout envahir ». Echevin des travaux, Jean-Géry Godeaux (PS) déclare avoir (enfin !) mis le doigt sur le problème : « Il manque un siphon dans les égouts qui se croisent sous la place de la République française (en contrebas de la place Saint-Lambert, NDLR). On va mettre le turbo pour y remédier ! » La place la plus célèbre de Liège n’a pas été la seule à trinquer. Une bonne partie de l’agglomération a été touchée. On ne comptait plus les caves inondées et de nombreuses routes ont été coupées par de mini-torrents qui dévalaient des hauteurs. Ces pluies diluviennes ont donc provoqué des embouteillages homériques, tout spécialement vers le Sart Tilman.

À l’hôpital du CHU, l’eau s’est infiltrée dans le sous-sol et atteint des locaux où étaient entreposés des dossiers médicaux anciens. Les flots montaient tellement vite qu’un plan de crise a été appliqué. On a ainsi mis en service des groupes électrogènes pour vérifier si les installations électriques proches des endroits inondés n’avaient pas subi d’avaries. Mais le CHU n’a dû cesser ses activités à aucun moment.

Livres congelés

Non loin de là, le campus de l’université a aussi été assailli par l’orage. La plupart des bâtiments ont été inondés. Certains examens ont dû être reportés. Le « magasin à livres », un des services d’archives de l’unif a été touché et bon nombre d’ouvrages ont été endommagés. Pour les sécher, certains d’entre eux vont être congelés.

Le réseau ferroviaire a également souffert. La circulation des trains a été interrompue sur la ligne Liège-Marloie et des navettes de bus ont été mises en place.

Le ministre-président de la Communauté française et de la Région wallonne, Rudy Demotte (PS), va demander l’intervention du Fonds des calamités. Quant à Jean-Claude Marcourt (PS), son ministre de l’Economie et de l’Emploi, il a d’ores et déjà annoncé deux mesures : la possibilité pour les communes d’engager du personnel temporaire, via le système APE, pour aider les sinistrés ; et, en faveur des TPE (très petites entreprises) et des indépendants qui vont solliciter des indemnités auprès du Fonds des calamités, la possibilité de bénéficier de financements à taux zéro.

CONRAADS,DANIEL,VANESSE,MARC
LE PORTFOLIO : Sale temps à Liège
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