Vers un désastre pour Mosley ou pour la FIA?

Scandale Le président de la FIA jugé par ses pairs
Max Mosley va au bout de sa logique. Aujourd’hui à Paris, le monde de l’automobile dira s’il peut encore le représenter.

Parce qu’il l’a voulu, et qu’il s’est obstiné, Max Mosley (68 ans) va faire face, ce mardi à Paris, aux représentants des 222 clubs automobiles membres de la FIA – Fédération internationale de l’automobile – chargés de lui confirmer, ou non, leur confiance dans son rôle de président.

Confronté depuis un peu plus de deux mois à d’embarrassantes révélations formulées sur sa vie privée (voir ci-dessous), le président de la FIA aurait pu – dû – démissionner dans la foulée de cette campagne de presse lancée par le peu reluisant tabloïd britannique News of the World. A la même époque, le gouverneur de New York – Eliot Spitzer – démissionna bien pour avoir eu des relations avec une prostituée tandis que le ministre des Affaires étrangères finlandais – Ilkka Kanerva – ne tint que quelques heures après que l’on eut révélé qu’il avait envoyé des SMS à une strip-teaseuse !

Mais voilà, convaincu de son « bon droit » d’abord, aveuglé ensuite par la quinzaine d’années passées au sommet de l’une des fédérations les plus puissantes au monde, et le pouvoir que cette position lui a conféré, Max Mosley n’a jamais voulu imaginer un instant prendre la décision qui, au fil du temps et aux yeux d’un nombre d’observateurs sans cesse croissant, semblait pourtant s’imposer. D’abord confronté à un silence assourdissant, puis à des interlocuteurs de moins en moins solidaires, Max Mosley s’est enfermé dans sa logique au travers de laquelle il estime sa présence nécessaire jusqu’à la fin de son mandat (octobre 2009), quitte à laisser toute mission de représentation à ses collaborateurs.

Les membres de l’Assemblée accepteront-ils ce compromis ? « Aujourd’hui, le débat ne porte évidemment plus sur ce qu’a fait Max Mosley, rappelle Jacky Ickx, l’un des premiers à s’être prononcés à l’encontre du président. Il faut seulement se demander s’il est encore digne de représenter la FIA. La réponse est évidente selon moi… »

Il semble en aller de même pour le RACB (Royal Automobile Club of Belgium) et le Touring Club de Belgique, qui seront représentés à Paris. « Sa position n’est plus tenable », confirme Michel Jodogne (RACB). « Personne ne pourrait plus lui parler de la même manière », a souligné Bernie Ecclestone. Il y a quelques jours, les associations et clubs automobiles représentant 38 pays en Asie et en Océanie conjuraient une nouvelle fois Max Mosley de démissionner avant le 3 juin, et trouvaient la formule qui résumait bien la situation : « Si le président Mosley n’obtenait pas la confiance lors du vote du 3 juin, ce serait un désastre pour lui. Mais au contraire, s’il obtenait cette confiance, ce serait un désastre pour la FIA ! »

Mais voilà, Max Mosley est toujours là. Et si l’on considère la grande intelligence de cet avocat qui a dirigé avec brio la FIA pendant tant d’années, on ne peut que s’interroger sur son obstination. A moins qu’il ait obtenu certaines « garanties » ?

Dans le passé, certains votes et autres décisions de la FIA ont parfois pris une tournure… inattendue, voire étonnante. On sait le pouvoir que peut avoir un homme comme Max Mosley au sein de petites fédérations, issues de petits pays. Et on sait qu’il a eu deux mois pour lobbyer auprès d’elles avec d’autant plus d’ardeur qu’il semble avoir fait – et on le comprend un peu – de ce vote de confiance l’histoire de sa vie. Verdict ce mardi. A moins qu’il survienne plus tard. Avec la FIA, il faut s’attendre à tout.

WILMOTTE,THIERRY
LES PORTFOLIOS : La saison 2008 en F1
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