Franchissons le pont-levis

Musée Réouverture de la Porte de Hal

Nouvel aménagement muséal, restauration de la tour emblématique : la Porte de Hal s’ouvre sur la ville.

Tous les matins du haut du chemin de ronde, un guetteur sonne de la trompe pour annoncer le lever du jour mais aussi l’ouverture de la Porte de Hal. Venus des alentours après avoir traversé les dernières campagnes de Saint-Gilles, les marchands contrôlés et taxés franchissent l’enceinte. La Porte de Hal se refermait sur la ville et ses habitants au coucher du soleil.

La Porte de Hal est le seul vestige défensif important de la 2e enceinte élevée dès 1357, un siècle après le premier rempart. Des années durant, on l’a reconnue à son imposante et menaçante silhouette noire, couverte de lierre. Le bâtiment servit de prison puis de dépôt d’archives. Il fut le tout premier musée belge, le Musée royal des armes et armureries, un lieu plein de charme suranné, rempli de la fureur des épées qui avaient cogné les armures…

Sortie de sa gangue d’échafaudages après de longs travaux de restauration assurés par la Régie des bâtiments, la Région Bruxelles-Capitale, les Musées royaux d’art et d’histoire et l’Europe via le projet Septentrion, la Porte de Hal baisse la garde et s’ouvre à nouveau au public. Belle blonde en pierre de Gobertange.

Le public y pénètre par l’entrée originelle, entièrement restaurée tout comme l’ensemble de la bâtisse. C’est par Saint-Gilles que l’on entrait dans Bruxelles en venant des campagnes méridionales. On peut d’ailleurs emprunter ce raccourci urbain pour traverser la petite ceinture à pied. Et si on prenait un ticket pour visiter la Porte de Hal ? Un hallucinant voyage dans le temps attend le visiteur !

Tout parle à l’imagination, dans une mise en scène limpide et interactive. En sous-sol, on découvre les armes, des arbalètes, un canon à main qui est l’ancêtre du fusil, des dagues, épées, têtes de masse d’arme, chausse-trappe à quatre pointes que l’on projetait sur l’ennemi du haut de l’enceinte. On ne rigolait pas en ce XIVe siècle florissant. Bruxelles était un important centre économique et l’assise du pouvoir. Septante-quatre tours et 7 portes balisaient l’enceinte. Bruxelles n’a pas été confrontée à de grands sièges à cette époque. Tout le moins a-t-on retrouvé l’anecdote d’une troupe qui a forcé la Porte de Hal après avoir exterminé la garde.

Sur trois étages, la scénographie raconte l’histoire fortifiée de Bruxelles évoquée par les riches collections des Musées royaux d’art et d’histoire, des écrans interactifs, des jeux, des maquettes, des énigmes et un vidéoguide destiné aux jeunes visiteurs.

Soulever une épée

Qu’y voit-on ? Des armes et armures bien sûr, mais aussi des reconstitutions fidèles : on peut endosser un heaume, tenter de soulever une épée, actionner un pont-levis et une herse !

Les superbes colliers de guilde rappellent le pouvoir des corporations et des riches familles qui assuraient la garde de l’enceinte. L’armure de parade de l’archiduc Albert évoque la Joyeuse Entrée dans les Pays-Bas méridionaux, en 1599. Le cheval porte une armure à l’identique. Ce cheval naturalisé est le plus ancien exemplaire au monde, une curiosité de notre patrimoine au XIXe siècle.

Un chapitre aborde la religion et son pouvoir. Une reproduction d’après Denys Van Asloot fait revivre la splendeur ostentatoire de l’Ommegang. L’original est conservé en Grande-Bretagne.

Le troisième étage et le grenier sous charpente sont réservés à des expositions temporaires. Danse le monde, une fascinante installation de Marie-Jo Lafontaine, incendie l’espace. La Porte de Hal mérite sa nouvelle appellation : Centre de culture urbaine, chaînon entre le passé médiéval et l’avenir de Bruxelles.

LEGRAND,DOMINIQUE
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