La génération « zéro-huitarde » réinvente la Belgique

« Pas d’avenir 100 projets » Textes, photos, vidéos… pour bousculer les idées

Cent jeunes de moins de 38 ans présentent leurs projets d’avenir dans un livre blanc pour booster la Belgique.

Ils sont nés après 1970. Les enfants d’une Belgique en chantier perpétuel, d’un pays oscillant entre grandes réformes et crise existentielle sans fin. Ils sont 100 et ils ont eu envie de s’affirmer, en dépit d’un climat institutionnel tout gris. Le désir fou d’occuper un espace de liberté, de réveiller cette Belgique que l’on dit agonisante. Leur dessein ? Pas sauver le pays ou ses institutions en portant des projets vaguement belgicains.

Le défi est ailleurs. En présentant 100 projets – textes, photos, dessins, vidéos, sons – qui réinventent la Belgique, ces jeunes artistes, chercheurs, chefs d’entreprise, restaurateurs, stylistes ont, à l’invitation du Soir, voulu parler de leurs priorités.

L’écologie, l’éducation, l’innovation, la culture, la gastronomie ou la simple joie de jouer avec les symboles du pays.

Le tout collationné sous la forme d’un livre blanc intitulé Pas d’avenir 100 projets qui sera publié du 7 au 12 juin dans Le Soir sous la forme de cinq suppléments à réunir pour former une œuvre unique.

Ces 100 contributions ne sont pas une radiographie du peuple belge mâtinée de recommandations à l’accent jeuniste.

Non, il s’agit de l’expression de la diversité, de la dimension multiculturelle de la Belgique anno 2008. La manifestation créative de jeunes francophones, mais aussi néerlandophones – 30 contributions proviennent d’une collaboration appuyée avec nos confrères flamands du Standaard –, de jeunes Belges issus de l’immigration.

Quarante ans après le « joli mois de mai », plutôt que de descendre dans la rue, cette génération « zéro-huitarde » réinvente son quotidien en descellant ses « pavés » à elle, – multimédia, communication globalisée…

Les premiers enseignements ? Côté pile, l’attachement à un pays ouvert sur le monde, à une Belgique moderne et métissée, un appel au dialogue, un rejet du conflit linguistique et une volonté de repousser les frontières. Côté face, une difficulté à accoucher de projets concrets dans un pays en quête d’identité, un refuge dans l’absurde ou l’imaginaire, voire l’humour corrosif pour conjurer les démons belges.

Le tableau d’ensemble est certes contrasté et cabossé, il est également riche d’une utopie nouvelle, à mille lieues de la lassitude actuelle.

Au terme de cette semaine de publication des 100 projets, Le Soir se tournera vers les décideurs – politiciens, économistes, intellectuels… – pour les interpeller et recueillir leur sentiment face à ce jaillissement d’idées, de projets, de réflexions. Au-delà, ce livre blanc est aussi l’occasion de mettre tous ces talents en réseau, de susciter une communauté qui pourrait encore avoir des choses à se dire, à nous dire.

WARNOTTE,PIERRE-YVES,MOUTON,OLIVIER
Cette entrée a été publiée dans Action Soir, Intemporel, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.