Jean Desailly était un professionnel

Cinéma Homme de théâtre et de cinéma, le comédien français est mort à 87 ans

Avec Simone Valère, il forma l’un des plus célèbres couples du théâtre et du cinéma français du XXe siècle.

Jean Desailly, c’est une légère rondeur élégante qui se prêtait à merveille pour incarner les bourgeois. Ce souvenir vient sans doute de ce magnifique corps à cœur avec Françoise Dorléac dans La peau douce, de François Truffaut, réalisé en 1964. De ce rôle inoubliable d’homme marié, cultivé, pris dans la tourmente de l’adultère quand il rencontre une hôtesse de l’air qui le subjugue par sa beauté.

Grand homme de théâtre et de cinéma, Jean Desailly est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 87 ans. Il avait formé avec Simone Valère l’un des plus célèbres couples du théâtre et du cinéma français. Au point de créer leur propre compagnie sous le nom Valère-Desailly.

Né à Paris en 1920, Jean Desailly avait étudié les Beaux-Arts, puis travaillé comme dessinateur publicitaire avant de rejoindre « La roulotte », une troupe de comédiens amateurs sillonnant la France profonde. Avec eux, il apprend le métier sur le tas puis revient à Paris pour décrocher un premier prix au Conservatoire et se faire engager à la Comédie-Française où il joua de nombreuses pièces du répertoire. Membre de la compagnie Renaud-Barrault de 1947 à 1968, il dirigera le théâtre Hébertot dans les années 70 puis le théâtre de la Madeleine de 1980 à 2002.

Au cinéma, il débute en 1942 dans la peau d’un jeune homme écœuré dans Le voyageur de la Toussaint, remarquable adaptation d’un Simenon par Louis Daquin.

On se souvient également de lui en fils du pasteur dans La symphonie pastorale, de Delannoy, en obsédé sexuel plein de veulerie dans Maigret tend un piège, de Delannoy, dans la peau du commissaire du Doulos, de Melville, en prétendant jaloux et dépité des Grandes manœuvres, de René Clair, assassin dans La mort de Belle, d’Edouard Molinaro, ou encore en Marivaux dans Si Versailles m’était conté, de Sacha Guitry, et en ministre dans Le professionnel, de Georges Lautner. Sa dernière apparition cinématographique remonte à 1999 aux côtés de Catherine Frot pour La dilettante, de Pascal Thomas.

S’il a tourné beaucoup pour le cinéma (plus de 60 films) et la télé (de nombreux Maigret, notamment), reconnaissons que le meilleur de son talent s’est exprimé sur les planches. Au point de recevoir un Molière d’honneur, en 2002.

BRADFER,FABIENNE
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