Un but de Torres a suffi : « E viva España » !


Euro 2008 Une finale tendue, un vainqueur logique

L’Espagne a dominé la finale comme elle a dominé le tournoi. Son premier succès depuis 1964 est amplement mérité.

VIENNE

De notre envoyé spécial

L’Euro 2008 s’est terminé comme il avait commencé, pour l’Espagne de Luis Aragonès : par un triomphe. Du 4-1 infligé à la Russie lors du premier match à Innsbruck, le 10 juin, au 1-0 passé à l’Allemagne dimanche soir à Vienne, le championnat d’Europe aura été un bonheur ininterrompu pour les Ibéres. Avec, quand même, une grosse chaleur en quart de finale, quand ils ont dû passer par les tirs au but pour écarter l’Italie, la seule équipe que l’Espagne n’a pas battue.

Pour le reste, elle a dominé le tournoi, elle a dominé la finale, elle sort avec le trophée, la meilleure attaque, la meilleure défense (derrière la Croatie, mais qui a joué deux rencontres de moins) et surtout, elle a laissé la meilleure impression d’ensemble, du début à la fin. Il faut remonter loin, dans un grand tournoi, pour retrouver un vainqueur aussi légitime, ou plutôt aussi évident.

Et pourtant ! Pourtant, Aragonès était critiqué pour ses choix, il y a à peine un mois encore. Pourtant, l’Espagne, malgré son exceptionnel vivier de talents et ses clubs mythiques, n’arrivait pas à s’imposer lors d’un Euro ou d’un Mondial depuis 44 ans. Pourtant, personne n’y croyait vraiment tant la Seleccion avait une étiquette de « loser », incapable de se transcender ou de garder la tête froide lors des tirs au but décisifs.

Mais l’Espagne a brisé tous ses tabous, celui des penaltys, celui de son unité, celui de son efficacité. Invaincue depuis… 22 matchs et quasi deux ans, réglée comme une horloge suisse, délicieuse comme une sachertorte viennoise, l’équipe espagnole s’est transformée en machine de guerre de la victoire, avec un système de jeu immuable – même si le forfait de son buteur, Villa, a un peu modifié le dispositif – et des individualités, enfin, au service de l’équipe.

C’est peu dire que le succès ibérique est celui d’un collectif, car au moment de désigner le meilleur joueur du tournoi, on se dit que personne n’est au-dessus du lot (Senna, mais dans un rôle obscur ; Casillas, mais sans devoir sortir le grand jeu, sauf contre l’Italie). C’est aussi le succès d’un coach, critiqué, critiquable sans doute parfois, mais qui n’a pas modifié sa ligne d’un iota (Raul à la maison, un onze de base inchangé) et qui quitte son poste par la grande porte.

On se réjouira aussi, au passage, du succès d’une équipe avec un entrejeu composé de joueurs de poche (seul Fabregas atteint péniblement 1,80 m). C’est un pied de nez à ces médians tout en muscles et en puissance.

Tout cela a fait que dimanche soir, à Vienne, l’Espagne est devenue championne d’Europe. Grâce à un but de Torres, qui s’est réveillé au bon moment et a profité d’une nouvelle erreur de Lahm et de Lehmann. L’Allemagne a bien tenté de mettre la pression en deuxième période, certes, mais malgré sa mentalité exemplaire et son potentiel offensif, la Mannschaft n’avait pas une défense pour remporter l’Euro.

L’Espagne, elle, avait tout pour le faire. Et elle l’a fait. Quarante-quatre ans après son dernier succès, à une époque où le football n’était pas encore la « grosse machine » qu’il est devenu.

BERTI,CHRISTOPHE

 LES PORTFOLIOS : Euro 2008

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