L’enquête rouverte ?

France L’affaire Grégory était close depuis 2001

Vingt-quatre ans après l’assassinat du petit Grégory Villemin en 1984, le procureur général de la cour d’appel de Dijon, Jean-Marie Beney, a requis mercredi la réouverture d’une instruction qui, des années durant, a vainement tenté d’éclaircir l’une des grandes énigmes criminelles de l’après-guerre en France. Reste à connaître, désormais, la suite que la chambre d’instruction de la cour d’appel de Dijon voudra réserver à cette demande motivée par les progrès des analyses scientifiques.

Saisi d’une requête introduite par les parents Villemin durant l’été 2007, le procureur général s’est en effet référé à l’avis d’un expert qui a étudié la « possibilité de procéder à de nouveaux examens techniques susceptibles de permettre la révélation de traces ou d’éléments d’ADN » sur un certain nombre de scellés constitués à l’époque des faits.

« L’affaire Grégory » a donné lieu à bien des dérapages et des rebondissements. Elle débute le soir du 16 octobre 1984, quand le corps de Grégory, 4 ans, est découvert, mains et jambes liées, dans la Vologne, à 7 kilomètres en aval de Lépanges où vivent ses parents, Christine et Jean-Marie Villemin.

« Voilà ma vengeance »

Le lendemain, une lettre anonyme adressée à Jean-Marie Villemin revendique le crime. « J’espère que tu mourras de chagrin, le chef (…). Voilà ma vengeance, pauvre con. » Le 5 novembre, Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie Villemin, est inculpé du crime, sur dénonciation de Muriel Bolle, sa belle-sœur âgée de 15 ans. Muriel se rétractera très vite et Bernard Laroche sera remis en liberté, le 4 février 1985, contre l’avis du ministère public. Six semaines plus tard, il sera abattu d’un coup de fusil par Jean-Marie Villemin qui lui attribue l’assassinat de son fils. Le meurtre de Laroche vaudra à Villemin d’être condamné à 5 ans de prison, en 1993. Et l’affaire prendra un tour plus sordide encore quant la rumeur imputera l’assassinat de Grégory à sa mère, Christine, qui aurait été vue à la poste, la veille du drame : serait-elle « le corbeau » de la lettre anonyme ? Placée sous mandat de dépôt, le 5 juillet 1985, à la suite d’expertises graphologiques, elle sera libérée onze jours plus tard par la chambre d’accusation de Nancy qui constate « l’absence totale de charges ». Les acteurs de l’affaire se déchireront sur le rôle de Christine qui bénéficiera d’un non-lieu le 3 février 1993.

L’enquête avait déjà été rouverte en juin 2000 pour soumettre à des analyses d’ADN un demi-timbre qui aurait pu conserver la salive du « corbeau ». Elles n’avaient rien donné. En juin 2004, l’État français avait été condamné à verser 35.000 euros d’indemnités pour « faute lourde » à chacun des époux Villemin qui vivent désormais dans l’Essonne.

DETAILLE,STEPHANE
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