Reçus-collés :200 repêchés en 2 ans

Médecine Cent sauvés cette année, autant en 2009
L’exécutif francophone a tranché : les facs de médecine pourront faire passer 200 étudiants de plus en 2e année.

Après une semaine de palabre (et un dernier bras de fer ministériel vendredi), l’exécutif de la Communauté française a réglé le sort des reçus-collés – ces étudiants ayant réussi leur 1re médecine au regard des critères académiques, universitaires, mais recalés à cause du numerus clausus. La décision : on sauvera 100 reçus-collés cette année, et 100 l’an prochain.

Rappelons que le pouvoir fédéral a fixé un numerus clausus à l’accès à la profession médicale.

C’est ce garrot qui a justifié la pose, en Communauté, d’un filtre en fin de 1re médecine. Le nombre d’étudiants pouvant passer en 2e année est ainsi limité à 420 unités, chaque faculté se voyant accorder un quota individuel – 97 à l’ULB, 110 à l’UCL, 96 à Namur, 90 à Liège et 27 à Mons. Par arrêté (adopté vendredi), l’exécutif francophone va donc légèrement gonfler chacun de ces quotas pour augmenter le quota global de 100 unités.

On estime le nombre de reçus-collés à 76 unités (chiffre qui augmentera encore un peu, étant donné que l’UCL doit encore organiser une 2e session pour ses étudiants de 1re) mais on peut estimer que tous les reçus-collés de cette année sont sauvés. Et si une fac tombe trop court (si son quota individuel ne permet pas de sauver tous ses reçus-collés), elle pourra augmenter son quota de 15 %. A charge pour elle, les années suivantes, de serrer l’étau pour ramener l’effectif dans des balises raisonnables. Autre possibilité : on sait que les universités sont désormais regroupées en académies. Si une faculté tombe trop court, on pourra opérer des vases communicants entre universités associées – entre ULB et Mons, entre UCL et Namur.

Inutile de dire que l’on spécule, côté Communauté, sur un relâchement du numerus clausus au niveau fédéral.

Une précision : en application du décret organisant le numerus clausus, les facs ne peuvent laisser passer en 2e que les étudiants ayant au moins une moyenne de 12 et aucun échec (pas de cote sous 10). Comment fonctionne le système ? Les étudiants respectant deux critères sont classés (du meilleur au moins bon) et, en fonction de son quota, la fac fait passer « x » étudiants en 2e. Les reçus-collés sont des étudiants respectant les deux conditions citées plus haut mais ne figurant pas assez haut dans le classement. Ceci posé : quid de l’étudiant ayant obtenu une belle moyenne (15 par exemple) mais ayant subi au moins un échec – une cote inférieure à 10 ? Il n’est pas un « vrai » reçu-collé. Il est fichu, donc ? Faut voir, dit-on au cabinet de Marie-Dominique Simonet (CDH), ministre de l’Enseignement supérieur. Le décret organisant le numerus clausus impose donc, pour être classé, une moyenne de 12/20 et l’absence de tout échec. Il ne dit pas qu’il faut honorer ces deux conditions du premier coup. Il n’exclut pas de les honorer au prix d’une deuxième session. Sauvé, alors ? Le décret, dit-on chez Simonet, n’empêche rien. Mais, prudemment, le cabinet suggère aux étudiants se trouvant dans cette situation d’interpeller (au plus vite !) leur faculté et de vérifier si des 2es sessions pourraient être organisées là

où il n’était pas prévu d’en organiser. Il faut vérifier en fait si d’éventuels règlements internes n’empêchent pas des faux reçus-collés de tenter en 2e session de se muer en vrais reçus-collés.PIERRE BOUILLON

BOUILLON,PIERRE
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