Phelps entre au panthéon

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Natation Le prodigieux nageur américain a réussi son pari insensé

Huit médailles d’or ! Michael Phelps a illuminé le Cube d’un exploit qui en fait l’un des plus grands sportifs de tous les temps.

C’était l’un des exploits les plus attendus. De ceux qui font la magie des Jeux. Le fil rouge de la première semaine. Un feuilleton décliné en 9 jours. Michael Phelps les a illuminés de 8 médailles d’or, polies de 7 records du monde, quasi un par jour : il a nagé 13 des 15 sessions de natation, parfois trois courses par jour, soit 17 plongeons !

« Rien n’est impossible : il faut juste un peu d’imagination », dit-il. L’Américain en déborde. Il a réussi son pari insensé : battre le record de 7 médailles d’or lors d’une même olympiade écrit par son compatriote Mark Spitz lors des Jeux de Munich en 1972 !

« C’est épique ! », a déclaré Spitz. « C’est l’extase. Cela démontre que ce gars est non seulement le plus grand nageur et le plus grand Olympien, mais peut-être carrément le plus grand athlète de tous les temps ! »

Le kid de Baltimore, qui a battu 29 records du monde depuis qu’il nage, est le plus titré de l’histoire des Jeux, avec 14 médailles d’or, et le plus médaillé, compilant 16 récompenses (8 à Pékin et 6 à Athènes). Le seul record que Phelps ne s’est pas encore accaparé, c’est celui du nombre de médailles hommes et femmes confondus (18), détenu par la gymnaste soviétique Larisa Latynina. Son prochain défi, sans doute aux Jeux de Londres, que Phelps disputera à 26 ans.

« Cela me tenterait de débuter le sprint d’ici là », a-t-il confié. « J’aimerais essayer de nouvelles disciplines. Mais Bob Bowman (NDLR : son entraîneur, qui a découvert le prodige à 11 ans) n’y est pas aussi favorable que moi. Alors on verra. Pour l’heure, il est temps de ne rien faire… Depuis que je suis là, je n’ai passé que 30 secondes avec ma mère et mes sœurs. Là, je les ai vues dans les tribunes. On s’est enlacé et on a tous commencé à pleurer. »

La dernière journée de son agenda surchargé venait de se clôturer. Comme elle avait commencé, par une médaille d’or, sa huitième : le relais 4 × 100 m quatre nages, une course que les Américains n’ont jamais perdue. Phelps, troisième relais, les a mis sur orbite ; Lezak, le héros du 4 × 100 m libre sans lequel Phelps n’aurait pas atteint sa quête, l’a conclue.

Plus tôt en revanche, en finale du 100 m papillon, la seule course où Phelps n’a pas battu le record du monde, l’homme qui ne doute jamais avait eu très chaud, ne doublant que d’un centième de seconde le Serbe Milorad Cavic, de cette puissante cambrure qui lui permet de sortir de l’eau !

« Je pensais avoir perdu à cause de ce dernier mouvement, mais il a, au contraire, fait la différence. C’est la plus grande semaine de ma vie. Tous mes objectifs ont été atteints. Jamais je n’aurais imaginé que cela puisse arriver. Mais je m’étais mis cette idée en tête de réaliser quelque chose d’inédit dans le sport. » C’est fait ! L’enfant turbulent et hyperactif confié à son entraîneur visionnaire par ses parents pour le calmer entre serein dans la légende. Gratifié d’un jackpot provisoirement estimé à 1.680.000 dollars, dont la prime de 1 million promise par son équipementier, Speedo, s’il réussissait son pari avec la combinaison miracle qui a fait pleuvoir les records sur le Cube ! Jamais autant de feux médiatiques n’ont été braqués sur les compétitions de natation.

C’était aussi l’ambition du phénomène, qui contredit l’adage chinois : « L’eau peut agir sur le poisson, pas le poisson sur l’eau… »

DRUART,STEPHANE
LES PORTFOLIOS : Les Jeux Olympiques
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