Espagne Un MD-82 de la compagnie Spanair s’écrase au décollage

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Drame à l’aéroport de Madrid en pleine saison touristique

153 personnes sont mortes dans un accident dont les circonstances restent inconnues. Les autorités se mobilisent.

de notre correspondant à Madrid

C’est une épaisse colonne de fumée qui a envahi le ciel madrilène mercredi peu avant 15 heures. Un avion de la compagnie ibérique Spanair s’est écrasé juste après le décollage, au bout d’une des pistes du terminal T-4 de l’aéroport international de Madrid-Barajas.

L’appareil assurait une liaison entre la capitale espagnole et la ville de Las Palmas dans l’archipel des Canaries. Il transportait 162 passagers et 10 membres d’équipage, selon la compagnie. La plupart des voyageurs étaient des Espagnols, mais quatre passagers en correspondance depuis l’Allemagne avaient aussi pris part à ce vol, assuré conjointement par Spanair avec la compagnie aérienne allemande Lufthansa. Mercredi soir, le dernier bilan officiel faisait état de 153 victimes et de 19 blessés – dont plusieurs dans un état critique. Les survivants ont été transportés vers des hôpitaux de la région.

C’est la plus importante tragédie aérienne en Espagne depuis 1985 et un accident à Bilbao dans lequel 148 personnes avaient perdu la vie.

Les circonstances de l’accident restent encore inconnues. « Il reste bien des questions sans réponse », a confirmé en soirée le PDG de SAS, Mats Jansson.

Le décollage était initialement prévu vers 14 heures. Il a été retardé car le pilote avait fait état d’un problème technique alors que l’appareil était déjà sur la piste. Selon un commandant de la compagnie Air Europa interviewé par la radio Cadena Ser, ce retard était dû « à un problème de température ». L’avion – un MD-82 de marque Mac Donnell Douglas – est donc retourné en début de piste pour une vérification, avant de recevoir le feu vert pour décoller. Il semblerait que son réacteur gauche ait pris feu alors qu’il arrivait en bout de piste.

L’appareil rempli de kérosène est sorti de la piste avant de s’écraser et de s’embraser complètement. Les deux boîtes noires ont déjà été récupérées et devraient permettre d’éclaircir les circonstances exactes de l’accident.

Les équipes de secours de l’aéroport sont rapidement arrivées sur les lieux. Une centaine de pompiers se sont mobilisés pour circonscrire l’incendie, ce qui a été réalisé peu avant 17 heures. Quarante-cinq ambulances, 230 secouristes et 170 policiers étaient également sur place.

Plusieurs témoins présents au moment de l’accident assuraient mercredi que le fait qu’il y ait des survivants était « un véritable miracle ». Les sauveteurs parlaient d’un scénario dantesque, « avec des températures extrêmement élevées et des cadavres carbonisés disséminés un peu partout autour de l’avion. Il ne restait plus rien qui ressemble à un avion, tout était brûlé. C’était l’enfer. »

Les premiers moments du drame ont donné lieu à une grande confusion. Les médias espagnols se sont rapidement déplacés sur place, sans pour autant disposer de données fiables.

L’incertitude a longtemps plané sur l’ampleur de la catastrophe aérienne. La plupart des chaînes de télévision parlaient en début d’après-midi d’une dizaine de morts, d’autres comme le quotidien El Mundo faisait état très tôt d’une centaine de victimes. Le premier communiqué officiel avançait à 15 h 30 le nombre de 7 morts et 20 blessés. Le bilan n’a ensuite cessé de s’alourdir, pour finalement passer, selon une annonce officielle en fin de journée, à 153 victimes. Un bilan toujours provisoire, car plusieurs victimes sont dans un état critique.

Les éditions spéciales se sont succédé toute l’après-midi sur les chaînes espagnoles, repassant en boucle les images de la carlingue de l’avion en feu.

Les autorités se sont rapidement mobilisées. Le maire de Madrid Alberto Ruiz-Gallardon s’est rendu sur le lieu de l’accident. Il y a été suivi par la ministre des Transports Magdalena Alvarez et la vice-présidente du gouvernement Maria Teresa Fernandez de la Vega. Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero et le chef de l’opposition Mariano Rajoy ont interrompu leurs vacances. « Le gouvernement est bouleversé, très touché par cette tragédie, a dit Zapatero. Je veux transmettre mon chagrin, mes condoléances et ma solidarité aux victimes. »

Après avoir été fermé pendant une heure, l’aéroport international de Madrid a recommencé à fonctionner en milieu d’après-midi. Une assistance psychologique a été mise en place pour les familles de victimes, à Barajas et à l’aéroport de Las Palmas où devait atterrir l’avion. Le flou régnait encore mercredi soir sur l’identité de tous les passagers.

BONTOUX, GUILLAUME
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