Le 4 x 100 m, un relais en argent qui vaut de l’or

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Jeux olympiques Une première médaille belge grâce aux relayeuses

Il a fallu attendre l’avant-veille de la clôture pour fêter la première médaille belge. Pas sûr que ce soit la dernière.

De notre envoyé spécial à Pékin

La Belgique sportive respire. A l’avant-veille de la fin des Jeux de Pékin, quatre filles formidables lui ont permis d’éviter l’humiliation suprême de rentrer de Pékin sans médaille. En attendant – qui sait ? – que Tia Hellebaut ou un coureur de VTT, ne les imite ce samedi.

Vendredi soir, dans le majestueux « Nid d’oiseau », les relayeuses du 4 x 100 m ont fait plus que ce que l’on attendait généralement d’elles en décrochant une improbable médaille d’argent. L’athlétisme belge était à la diète olympique depuis les Jeux de Montréal en 1976. La malédiction est brisée avec cette première breloque féminine, celle d’une formation qui s’est bâtie pièce par pièce pendant sept ans avant d’atteindre le nirvana.

« On n’en avait pas parlé de la journée mais on savait évidemment que le coup était jouable, convient Rudi Diels, le coach de cette équipe depuis sa mise sur pied en 2001 et qui a mené ce projet, parfois contre vents et marées, jusqu’au sommet. Les filles sont restées très calmes, très concentrées sur leur sujet. Et la course a été parfaite. Je n’ai rien à dire ! »

La course, effectivement, s’est déroulée comme un rêve. Un excellent départ d’Olivia Borlée, pourtant « terriblement nerveuse », trois passages de témoin sans tache vers Hanna Mariën, Elodie Ouedraogo et Kim Gevaert… et le soupçon de chance qu’il fallait avec le (troisième) relais manqué des Jamaïquaines qui les a empêchées de réaliser le grand chelem en sprint. Les Américaines s’étant plantées en série, cela faisait le deuxième favori au tapis.

« J’ai senti qu’il se passait quelque chose, dit Elodie Ouedraogo, qui était à l’endroit de l’incident, et je me suis dit que cela ouvrait de sacrées perspectives quand j’ai passé le bâton à Kim. Mais les Russes étaient trop fortes. Elles avaient retenu la leçon de l’an dernier. »

Lancée sans succès à la poursuite de Yuliya Chermoshanskaya, Kim Gevaert allait quand même franchir la ligne en 42.54, une amélioration de 21 centièmes de l’ancien record de Belgique (42.75) établi l’an dernier à Osaka, où les « golden girls » du sprint avaient décroché le bronze.

Les minutes qui ont suivi dans les catacombes du stade ont été dantesques. Ballottées de l’un à l’autre, les filles ne savaient plus où donner de la tête. Tout le monde voulait les embrasser, les féliciter. L’espace d’un instant, des cris d’hystérie ont même jailli quand l’information d’une disqualification des Russes a circulé. Fausse, hélas…

« Je ne réalise toujours pas, lance Olivia Borlée. Deuxièmes aux Jeux, c’est énorme ! Mais on a su gérer la pression qui était sur nous après notre médaille de bronze d’Osaka. »

La Bruxelloise est alors tombée dans les bras de Rudi Diels, bouleversante d’émotion. « Merci, lui a-t-elle chuchoté. C’est pour ceci que nous avons travaillé tous ensemble, Flamands et Wallons. »

Plus que jamais sans doute, cette équipe symbole a démontré que le travail en commun était la meilleure solution pour le sport belge pour arriver au sommet. Mais demain, avec le départ de Kim Gevaert à la retraite, elle va perdre sa capitaine de route, celle qui l’a « portée » pendant sept longues et belles années.

« Ce n’est pas pour ça qu’il faut s’arrêter en si bon chemin, conclut Rudi Diels. Quand on voit le résultat de ce soir, il faut continuer. Elodie va prendre la relève de Kim comme meneuse. Et il n’y a pas de raison que d’autres finales ne suivent pas. »

Maintenant qu’on a la recette…

 PHILIPPE VANDE WEYER

 LES PORTFOLIOS : Les Jeux Olympiques

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