Usain Bolt et Michael Phelps maîtres des Jeux

Bilan La flamme olympique s’est éteinte à Pékin

Des superstars et des records. Peu de dopage. Côté spectacle, ce furent des Jeux riches en sensations.

De notre envoyé spécial à Pékin

Comme le veut la tradition, Jacques Rogge, président du Comité international olympique, a dressé le bilan des Jeux lors d’une conférence de presse, juste avant la cérémonie de clôture programmée en soirée. Et comme le veut encore la tradition, la petite phrase qui selle l’emballage final servira à labelliser la XXIXe Olympiade comme étant « exceptionnelle ».

On remarquera que notre compatriote s’est bien gardé d’abuser du superlatif. Au contraire de ce qu’il avait conclu à Athènes en 2004 (« Des Jeux de rêve »), ou dece que faisait son prédécesseur Juan Antonio Samaranch, maître absolu dans l’art de la déférence envers le pays organisateur, pour qui chaque édition des Jeux se révélait systématiquement meilleure que la précédente…

Depuis des mois, le Dr Rogge sait qu’il marche sur des œufs. Tibet, liberté d’action de la presse, censure du Net, respect des affaires intérieures chinoises, terrorisme et bien entendu dopage : tous ces sujets pouvaient prêter à dérapage.

Raison pour laquelle le patron du sport mondial (hors zone d’influence footeuse des Fifa/UEFA) a joué la carte de la sobriété absolue à l’heure de prendre congé de ses hôtes chinois.

« Tout au long des Jeux, la Chine a été au premier plan de visibilité. Cela ne peut avoir que des effets positifs à long terme. »

Voilà pour le volet extrasportif, qui ne pouvait pas être passé sous silence dans un pays où les droits de l’homme sont une notion que l’on ne fait jamais que murmurer. Quand on l’ose…

Sur le plan des performances de terrain – hors médailles belges –, cela a littéralement explosé de partout. A l’instar de ce feu d’artifice chinois fait de 51 médailles d’or. Même orpheline de sa superstar Liu Xiang, bloqué par la douleur dans les starting-blocks du 110 m haies, la Chine n’a pas raté ses propres Jeux. Et elle le fait d’ailleurs largement savoir au monde, même si le total des médailles américaines, tous métaux confondus, lui est supérieur (110 contre 100).

Individuellement, deux noms ressortent des deux semaines de compétitions. Le nageur Michael Phelps, qui passe à la postérité avec ses huit médailles d’or (pour un total de 14 sur l’ensemble de son parcours olympique) avec sept records du monde à la clé. A une demi-phalange près, la torpille de Baltimore aurait dû se contenter d’égaler Mark Spitz.

Autre grand bonhomme des JO 2008, Usain Bolt. Le sprinter jamaïquain qui peut achever ses courses et pulvériser les records du monde (100 m, 200 m et 4 × 100 m) en regardant le public et en adressant bien le bonjour à la famille.

Le dopage (six athlètes exclus, un chiffre en net recul par rapport aux 25 cas positifs d’Athènes) finira-t-il par le rattraper ? La question se pose, forcément tant l’amélioration des records paraît inhumaine. Mais, sauf surprise dans le futur (les échantillons sanguins, congelés pour une période de huit ans, seront réanalysés en fonction des progrès de la science), Bolt est irréprochable. Et inattaquable.

LARSIMONT,FREDERIC

LES PORTFOLIOS : Les Jeux Olympiques
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