Succès pour la greffe du visage

Transplantation Les trois premiers essais semblent transformés, selon le « Lancet »

Les trois premières greffes partielles du visage à partir de donneurs décédés donnent plutôt de bons résultats, d’après les résultats publiés dans la revue médicale Lancet de samedi.

Toutefois, les docteurs Bernard Devauchelle (Amiens) et Jean-Michel Dubernard (Lyon) auteurs de la première mondiale de ces greffes partielles du visage appellent, dans la même publication, à la coopération entre équipes pionnières pour mieux progresser. Après Isabelle Dinoire, 38 ans, défigurée par son chien, greffée le 27 novembre 2005, deux greffes du visage, l’une réalisée en 2006 après l’attaque d’un ours et l’autre en 2007 en raison d’une tumeur de la face, donnent des résultats prometteurs.

Pour Li Guoxing, âgé de 30 ans quand il fut attaqué par un ours en octobre 2004, la greffe a duré 18 heures, incluant la connexion des vaisseaux, la réparation du nez, des lèvres, des sinus ainsi que d’autres structures de la face (notamment osseuses) profondément endommagées.

Trois épisodes de rejets aigus, survenus au 3e, 5e et 17e mois après la transplantation, ont été maîtrisés. Les sensations de froid et de chaud sur l’ensemble de la greffe ont été restaurées 8 mois après la greffe. Les reins et le foie du patient fonctionnent normalement et il n’y a pas eu d’infection durant les deux années de suivi médical présentées.

Le patient « a accepté aisément son visage », précisent ses médecins chinois. Deux autres opérations ont permis d’améliorer son apparence. Les médecins chinois relèvent des différences avec la première mondiale (greffe du triangle nez-lèvres-menton) d’ordre médical mais aussi concernant la plus grande gravité des blessures de Li (partie de la structure osseuse manquante, nerf facial très sévèrement lésé expliquant sa mauvaise récupération). Les différences thérapeutiques pourraient partiellement expliquer l’apparition d’un diabète chez Li et d’une hypertension chez la patiente française, selon eux. Le professeur Laurent Lantieri (hôpital Henri Mondor-APHP région parisienne) relate pour sa part le cas de Pascal, 29 ans, défiguré par une tumeur d’origine génétique (une neurofibromatose, appelée maladie de Recklinghausen) et greffé le 21 janvier 2007.

Deux épisodes de rejets, au 28e et au 64e jour ont été surmontés. Un an après l’intervention, l’évolution fonctionnelle est bonne (motrice et sensorielle). Le patient, dont la récupération psychologique est excellente, a pu travailler à plein-temps 13 mois après la transplantation.

SOUMOIS,FREDERIC
LE PORTFOLIO : greffe de visage
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