« Parkour » belge dans la jungle urbaine

L’histoire Ce mercredi, Londres organise les premiers championnats du monde de free run

Ils escaladent les immeubles, se jettent des toits et retombent sur leurs pieds. Ils contrôlent leur corps et leurs peurs.

Ce sont les « traceurs », adeptes du « free run », appelé aussi « parkour » ou « art du déplacement ». Armés de leurs seules baskets, ces jeunes ne font qu’une bouchée des obstacles qui s’élèvent devant eux.

Popularisée par des films comme Yamakazi de Luc Besson (2001), la discipline du « free run » est née fin des années 80 dans les banlieues françaises. Elle a suscité l’engouement de nombreux jeunes avides de sports extrêmes et de sensations fortes. A tel point que les premiers championnats du monde de free run sont organisés ce mercredi 3 septembre à Londres.

En Belgique, le free run s’est développé à la fin des années 90. « Au départ, il n’y avait pas grand monde, explique Gio, membre des Speeders, un groupe de free-runners belge professionnel, qui officie à Charleroi. Puis c’est devenu une mode, des vidéos ont circulé sur internet et plusieurs groupes se sont formés. Actuellement, on doit être une vingtaine de groupes professionnels. Grâce au Net, on est tous entrés en contact, on forme une véritable communauté. »

De temps en temps, les traceurs belges organisent des Parkour Days. « Par mail ou téléphone, on se donne rendez-vous à Namur, Bruxelles ou Louvain-la-Neuve, pour faire des démonstrations intergroupes. »

La réception de l’art du déplacement par le public belge est assez bonne. « Bien sûr, certaines personnes n’apprécient pas, indique Gio. Surtout quand nos figures ne sont pas très impressionnantes : les gens pensent que nous dégradons les murs, les barrières… Ce n’est pas le cas. Ces obstacles sont les structures qui servent notre discipline : nous les respectons, et nous réfléchissons au moyen de les utiliser le plus intelligemment possible pour les surmonter. »

« On a juste dû redescendre »

Jamais de couac avec les forces de l’ordre ? « Une fois, on a eu un problème avec les autorités, se souvient le jeune homme. On était sur un toit, et les gardiens de l’immeuble ont cru que nous voulions y entrer. On leur a poliment expliqué ce que l’on faisait, et tout s’est bien passé. On a juste dû redescendre. »

Le parkour n’est pas à la portée de tous : il requiert une maîtrise corporelle certaine. « Ce n’est pas dangereux si on a une bonne base physique, confirme Gio. Evidemment, il ne faut pas vouloir faire n’importe quoi dès les premiers mois d’entraînement. Avec la médiatisation de la discipline, il y a eu de plus en plus de jeunes qui ont voulu essayer, et ça a parfois conduit à des accidents parce qu’ils ne se rendaient pas compte de la difficulté. »

En Belgique, il n’existe pas, à ce jour, d’encadrement officiel de cet art du déplacement. Les cinq « speeders » comptent toutefois faire de cet art leur métier, en devenant cascadeurs et en tournant films et publicités. Et quand on parcourt leur blog, on voit qu’ils ont déjà, en cinq ans d’existence, accumulé pas mal de performances : show de gala pour la célèbre marque Borsalino, clip pour la chanteuse Jam, passage à la Méthode Cauet

« Au-delà des shows et des spectacles, cet art est avant tout une mentalité, précise Gio. On voit la vie sous un autre format. Les barrières semblent insurmontables pour la plupart des gens : ils les longent jusqu’à ce qu’ils trouvent une porte. Nous, on saute au-dessus, on trouve un moyen de les franchir. Cette mentalité s’élargit à tout : notre philosophie, c’est que tous les obstacles peuvent être surmontés. Que ce soit des barrières physiques ou mentales, il n’y a rien d’infranchissable. »

http://speeders.skyrock.com

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