Au revoir Monsieur l’Explorateur

Musique Décès d’Hector Zazou

C’est sans doute l’un des musiciens les plus aventureux et les plus audacieux qui vient de disparaître ce lundi 8 septembre à Paris, dans sa soixantième année. Quasi à la veille de son nouvel album enregistré en Inde, In the house of mirrors pour le label Crammed Discs avec qui Hector Zazou a collaboré le temps d’une dizaine d’albums.

Né d’un père français et d’une mère espagnole dans l’Algérie pré-indépendante, Hector Zazou enregistre son premier album en 1976 avec le duo qu’il forme avec Joseph Racaille sour le nom de ZNR. Toute sa carrière sera une suite de rencontres et d’aventures musicales diverses et éclectiques.

Souvent qualifié d’iconoclaste et de farfelu, Hector Zazou n’en a cure et joue, compose et arrange. S’immerge de traditions africaines avec Bony Bikaye et est l’un des premiers, au début des années 80, à marier musique africaine et musique électronique.

Hector Zazou écrit aussi des cordes ou marie l’art séculaire du chant a capella aux interventions d’artistes contemporains comme Sakamoto, John Cale ou Manu Dibango. Il remporte en 1991 les Victories de la Musique avec Nouvelles polyphonies corses, se baigne dans la world music avec Chansons des mers froides, inspiré par les musiques traditionnelles de l’hémisphère Sud où l’on retrouve Suzanne Vega, ou Björk. En 1992, il rend un hommage au poète Arthur Rimbaud où l’on entend Gérard Depardieu, Richard Bohringer, David Sylvian, Khaled ou Dead Can Dance.

En 2002, Hector enregistre 12 (Las Vegas is cursed) un disque que l’intéressé qualifiait de « pornographique » avec l’Américaine Sandy Dillon. « Chez Crammed » nous racontait Hector à la sortie de l’album, « ils ont dit Zazou est devenu fou parce qu’on attend de moi des choses belles et gentilles. J’ai la conviction que ce disque ne va pas se démoder. Qu’il deviendra une espèce d’objet culte ».

On attribuera le mot de la fin à Jean-François Bizot : « Les Anglais ont Peter Gabriel, les Américains David Byrne et les Français Hector Zazou ».

MANCHE,PHILIPPE
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