11 septembre : le spectre du grand complot

sept ans après les attentats aux Etats-Unis, les Américains se souviennent.
Beaucoup doutent aussi du scénario officiel défendu par la Maison-Blanche.

Pourquoi les deux tours du WTC se sont-elles effondrées d’une seule pièce ? Pourquoi l’immeuble 7 a-t-il été rayé de la carte alors qu’aucun avion ne l’a percuté ? Et pourquoi dispose-t-on de si peu d’images de l’attentat contre le Pentagone à Washington ?

Sept ans jour pour jour après les attentats du 11 Septembre, aux Etats-Unis ou ailleurs, nombreux sont ceux qui doutent encore des thèses officielles sur le drame qui a coûté la vie à plus de 3.000 personnes et qui est attribué à Oussama Ben Laden.

Des soupçons presque logiques jusqu’aux fantasmes liés au « grand complot », les questions sont nombreuses. A qui la faute ? A l’administration Bush qui a multiplié approximations et contre-vérités pour justifier, après les attentats, la guerre en Irak et la chasse aux terroristes. Ce faisant, elle a nourri les doutes.

Les doutes persistants de l’Amérique

les contre-vérités assénées par Bush pour justifier la guerre en Irak ont nourri
soupçons et fantasmes autour du complot.

New York

DE NOTRE ENVOYÉ PERMANENT

Cela se passait il y a quelques jours, à la convention républicaine de Saint Paul. Sur l’écran géant, les tours du World Trade Center s’effondraient, la fumée s’échappait de partout, les gens couraient affolés. A ces images, vues et revues des milliers de fois en sept ans, succédaient celles du ressaisissement, avec un maire de New York de l’époque, Rudolph Giuliani, se rendant sur les lieux de l’attentat aux côtés des équipes de sauvetage. Mais avec, surtout, un absent de taille : George Bush. Invisible. Inexistant.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont bien sûr été centraux dans la vie américaine depuis lors. C’est sur eux que s’est fondé l’essentiel de la politique internationale de l’administration Bush, de la chasse à Oussama Ben Laden (que le président a promis de ramener « mort ou vif » mais qui reste introuvable) à la guerre en Afghanistan et en Irak. Pourtant, jamais peut-être une administration ne s’est basée sur une pareille série d’erreurs de jugement et de mensonges pour mener à bien sa politique. Si George Bush n’apparaît pas sur les clips de campagne visant à rappeler le traumatisme de toute une nation, c’est que même les républicains doivent aujourd’hui admettre l’évidence : le lancement de la guerre d’Irak a été fondé sur des contrevérités. Son déroulement a été obscurci, à la Maison Blanche, par des manœuvres mensongères incessantes. Du lien « indiscutable » entre Saddam Hussein et Ben Laden, à la proclamation de « Mission accomplie » faite par George Bush le 1er mai 2003, les actions de son administration apparaissent en bonne partie orchestrées comme une vaste campagne de désinformation.

Ces circonstances sont sans doute pour beaucoup dans la survivance de la théorie du complot qui, sept ans plus tard, continue de fleurir aux Etats-Unis. Sur les lieux mêmes de l’effondrement des tours, à Ground Zero, mais aussi en marge de chaque manifestation contre la guerre d’Irak, les tenants de cette thèse, bien que minoritaires, continuent de brandir leurs pancartes : le 11 Septembre était un « inside job », proclament-ils. Les tours ont été dynamitées. C’était un coup monté de toutes pièces pour provoquer l’invasion de l’Irak, pour s’assurer la mainmise sur le pétrole ou pour justifier la destruction du WTC en passe de devenir un gouffre financier pour leur propriétaire.

Dans un pays où les théories conspirationnistes ont toujours eu un certain succès (de l’assassinat de John Kennedy au Watergate), une fabuleuse machine s’est mise en marche visant à prouver la réalité de cette thèse. Sur internet, les films qui détaillent par le menu la prétendue impossibilité que les événements se soient passés comme ils ont été expliqués se comptent par centaines.

A lui seul, l’un des plus populaires, Loose Change, a été vu par des centaines de milliers d’internautes. Sans souscrire entièrement à cette thèse du complot, une bonne partie des Américains (au moins un quart d’entre eux) expriment des doutes sur la version officielle et affirment que toutes les explications n’ont pas été fournies par les autorités.

Au centre de ce scepticisme figure toujours la « Tour 7 » du World Trade Center, ce bâtiment qui s’est écroulé longtemps après les autres. Cette tour était le siège d’une partie des bureaux de la CIA (Central Intelligence Agency), du Secret Service et du centre des opérations de secours de la ville de New York. L’immeuble avait été entièrement évacué. Il s’est effondré sur lui-même alors qu’aucun des deux avions ne l’avait percuté. Dans un sondage, 16 % des personnes interrogées affirment qu’elles jugent « possible » ou « probable » que des explosifs aient été utilisés pour faire tomber cette tour.

Pour tenter de mettre fin aux spéculations, des enquêteurs fédéraux ont dévoilé fin août un rapport qui écartait l’usage d’explosifs. « L’écroulement de la Tour 7 n’est plus un mystère », assurait l’un des responsables de l’enquête, Shyam Sunder, en se fondant sur plusieurs études modélisées qui concluaient à la responsabilité de l’incendie qui s’était propagé. Cependant, cette nouvelle étude, qui s’ajoute aux milliers de pages d’enquête déjà produites par le National Institute of Standars and Technology ainsi que par le Département d’Etat, n’a pas réussi à convaincre les sceptiques.

Un groupe d’architectes, notamment, mené par le Californien Richard Gage, et qui se proclament eux-mêmes « architectes et ingénieurs pour la vérité du 11 Septembre » continue de clamer ses vues un peu partout sur l’internet. Interrogé sur ces soupçons persistants, Shyam Sunder haussait les épaules : « Notre travail consistait à mettre en avant des arguments scientifiques, disait-il. Je ne suis pas psychologue. »

L’internet, moteur de la version non officielle

Info ? Intox ? L’internet regorge de dizaines de milliers de pages consacrées aux « théories du complot » sur les événements du 11 Septembre 2001.

Autant de lieux de débats entre tenants de la version officielle et les autres, ceux qui pensent qu’on leur cache « quelque chose ». Un scepticisme à la hauteur de l’événement et de sa médiatisation.

Internet est le lieu de toutes les passions, de toutes les causes, de toutes les informations. Un « métajournal ».

La Toile offre à tout un chacun la possibilité de donner son avis, d’où qu’il vienne, quoi qu’il pense, sur tout et sur rien. Elle offre aussi l’opportunité aux associations et militants de tous bords d’avoir pignon sur rue, de faire progresser leur cause – noble, vile ou anecdotique – et de la faire connaître à l’échelle mondiale. Et peu importe si elle ne trouve pas d’écho dans les médias traditionnels…

On le constate quotidiennement dans les réactions aux articles du soir.be, la défiance envers les symboles du pouvoir trouve en l’internet un formidable terrain d’expression.

Sur le mode « on nous cache tout, on ne nous dit rien ».

World Trade Center, Pentagone, Bush, Cheney, autant d’incarnations d’un pouvoir qui paraît insaisissable, dans un monde fait de désordre, d’accidents, de hasard.

S’ajoutent à cela les errements des rapports officiels américains et le peu de crédit encore accordé à la parole de l’administration Bush. Le doute devient légitime. Et personne n’a réussi à ce jour à le lever complètement.

« La version officielle US est fausse »

ENTRETIEN

Philippe Grasset, journaliste belge, a créé un site internet, http://www.dedefensa.org, où il traite des questions politico-stratégiques.

A propos du 11 septembre 2001, la vérité officielle est-elle basée sur un gros mensonge ?

Il s’agit d’un énorme événement et donc, s’il y a eu manipulation, elle est elle aussi énorme. Mais on ne peut être que catégorique : la version officielle américaine est fausse. Cela étant dit, il n’est pas aisé de dire s’il y a eu une manipulation entière ou partielle. Cela dit, le système américain étant lui-même très fragmenté, il y a pu y avoir une manipulation organisée par un service, tout en étant ignorée par les autres.

Qui avait intérêt à manipuler ces attentats ?

Difficile à dire : tant de choses se sont passées. Mais on peut en savoir plus en observant les réactions des dirigeants américains lorsqu’ils ont appris ces attentats : il est difficile de croire que Bush, qui était filmé lorsqu’il a appris les attentats, était au courant. Donald Rumsfeld, qui était secrétaire à la Défense, était probablement au courant de quelque chose et, dans les heures qui ont suivi, il a rédigé un mémo demandant de trouver au plus vite une raison pour attaquer l’Irak.

Ceux qui étaient derrière ces attentats ont-ils réussi ?

Difficile à dire, puisque ces organisateurs sont assez indéfinissables. Ce qui est certain, c’est que les Etats-Unis qui, avant le 11 septembre, étaient une puissance hégémonique avec une grande légitimité, l’ont perdue. Leur influence et leur crédibilité internationale se sont effondrées. Le monde entier se révolte contre eux. C’est un fantastique échec pour la puissance américaine. Reste à savoir quel était le but de ces attentats…

Enquêter, est-ce déjà cautionner ?

Lillehammer (Norvège)

De notre envoyé spécial

La première fois que j’ai vu des conspirationnistes, explique le journaliste norvégien Kim Bredesen, c’était en juin 2006 à New York, sur les lieux mêmes de ’’ground zero’’ : ils affirmaient que le 11 septembre était un coup frappé de l’intérieur des Etats-Unis, et j’étais intrigué. J’ai parlé avec eux… » Un mois plus tard, dans l’une des éditions du Monde Diplomatique, Kim Bredesen publie un article exposant certaines des thèses conspirationnistes, sans y adhérer mais en estimant toutefois qu’un complément d’enquête pourrait se justifier. Tempête en Norvège : les réactions à cet article pleuvent de juillet jusqu’en octobre 2006, des articles ressurgissent en 2007 « et jusqu’à ce jour ! », s’étonne notre confrère. Kim l’admet : depuis lors, son regard de journaliste sur l’information a changé.

« Il y a de tout parmi les conspirationnistes, explique Kim : des thèses les plus folles jusqu’aux thèses plausibles, de l’ovni à la connexion entre Ben Laden et la CIA. Beaucoup de ces thèses sont simplement ridicules, mais elles ont dans l’ensemble un effet positif : elles vous forcent à penser. Elles déchirent deux camps qui dénoncent tous deux la crédulité supposée de l’autre camp. Et parmi les gens qui refusent de balayer ces théories d’un revers de manche, vous trouvez des personnes très terre à terre, comme notre confrère britannique Robert Fisk. »

Le nom est lâché. Honni ou adulé, Robert Fisk est effectivement une figure saillante du journalisme contemporain : docteur honoris causa de l’université de Leuven, reporter au quotidien The Independent, il a défendu face aux thèses conspirationnistes une position mitigée, donc fort débattue. Au point que le sujet était mis ce mercredi à l’agenda de l’un des plus grands rassemblements de journalistes d’enquête de la planète : faut-il enquêter sur les thèses conspirationnistes, et si oui, comment faire ?

Des journalistes comme Kim, du moins en Norvège, sont prêts à lui emboîter le pas : Kristin Aalen travaille pour le Stavanger Aftenblad. Elle aussi a été marquée par l’influence de Robert Fisk, et a enquêté sur l’effondrement de la troisième tour du WTC, le WTC7. Kristin dit ne défendre aucune thèse, mais veut conserver sa liberté de poser toutes les questions qui lui semblent utiles. Or si l’édition en ligne de son journal a accepté ses questionnements, l’édition papier journal les a refusés.

« De l’empire virtuel à l’empire militaire »

ENTRETIEN

Giuletto Chiesa est eurodéputé italien indépendant, membre du Groupe socialiste. Il est l’auteur d’un documentaire – « Zéro-Enquête sur le 11 Septembre » – et a participé à un ouvrage collectif : « Zéro. Pourquoi la version officielle sur le 11 Septembre est fausse ».

A propos du 11 septembre 2001, la vérité officielle est-elle basée sur un gros mensonge ?

Oui ! Le rapport officiel établi par les Etats-Unis ressemble à de la littérature fantastique : il ne répond pas à la plupart des questions qu’on est en droit de se poser. C’est incroyable, mais il n’évoque par exemple même pas l’écroulement de la 3e tour du WTC. Comment expliquer qu’il y ait tant de lacunes dans ce rapport ? Aucune personne raisonnable ne peut y croire.

Qui pourrait être derrière une manipulation ?

Il n’y avait aucune obligation de cacher certains faits. Comme ce sont des élus américains qui ont rédigé ce rapport, on peut logiquement se dire que ce sont des Américains qui ont menti. On est donc en droit de demander aux autorités la vérité.

Vous pensez que ce sont des Américains qui auraient organisé ces attentats ?

Des Américains en ont été les premières victimes. Mais je pense qu’un groupe de personnes de différents pays, dont des Américains, est derrière ces attentats. Dans mon livre, j’explique qu’il y a sans doute un « super-clan » composé de personnes de très haut niveau, conscientes de l’impossibilité pour les Etats-Unis de contrôler le monde, qui ont décidé de transformer cet empire virtuel en empire militaire. Et ils ont gagné. Voilà pourquoi je me bats. L’actuel désordre mondial leur semble profitable car il masque les faiblesses internes des USA. Bush n’a sans doute pas de capacités intellectuelles à la hauteur de ce projet mais des membres de son entourage pourraient en être. Je pense qu’il y a bien un terrorisme islamique, mais qu’il est manipulé.

Quel danger incarne encore Al-Qaïda ?

Ayman al-Zawahiri n’apprécie pas du tout les théories qui évoquent une manipulation occulte de jihadistes par des comploteurs américains qui auraient inspiré les attentats du 11-Septembre. Le nº 2 d’Al-Qaïda l’a écrit sur internet en début d’année, négligeant qu’Oussama Ben Laden, le chef, n’a lui-même jamais clairement revendiqué la paternité des fameux attentats. De toute façon, force est de reconnaître que tout ce qui touche à Al-Qaïda reste nimbé de mystère.

Les experts observent d’ailleurs une grande prudence. Certes, de nombreux attentats ont été revendiqués par des activistes se réclamant d’Al-Qaïda sur des sites connus pour leur proximité idéologique avec la mouvance terroriste. Ainsi en fut-il des attentats meurtriers de Djerba et Bali (2002), Casablanca (2003), Madrid et Mombasa (2004) ou Londres (2005). En Irak, la nébuleuse, malgré des revers patents et une population sunnite écœurée qui s’est retournée contre elle, demeure une menace permanente, alors qu’en Algérie des franchisés autobaptisés « Al-Qaïda au Maghreb » multiplient les sanglantes actions suicides.

Nonobstant les nombreux abus dont les Américains et leurs alliés dans le monde se sont rendus coupables dans leur « guerre globale contre le terrorisme », la traque des réseaux terroristes a, en Occident, solidement affaibli la mouvance, selon la plupart des spécialistes. Mais, ici encore, la prudence s’impose.

Pour Ernst Uhrlau, chef du renseignement allemand (BND) qui s’exprimait lundi dans les colonnes de notre confrère berlinois Der Tagesspiegel, « Al-Qaïda n’est plus en situation de préparer et d’exécuter tranquillement des attentats d’une importance comparable à ceux du 11-Septembre. Le succès des nombreuses opérations des forces de sécurité internationales met une pression constante sur la structure d’Al-Qaïda. En particulier en Europe, la planification d’un attentat serait difficile à mener à bien. »

Nombreux sont d’ailleurs les connaisseurs qui doutent de l’existence d’Al-Qaïda comme entité planifiant et commettant encore des attentats. Al-Qaïda serait surtout devenu un label, une façon de faire, une « idéologie » (un mot flatteur étant donné la pauvreté théologique des textes émanant de ses chefs). Des petites cellules dans le monde s’en inspireraient librement pour passer à l’action directe, au terrorisme. Tout au plus, certaines de ces cellules auraient-elles réussi à envoyer un membre au Pakistan pour parfaire sa « formation ».

Des chefs planqués

Quant aux chefs de la Base (traduction d’al-Qaïda) qui ne sont pas en prison quelque part dans le monde, ils seraient planqués dans l’immense zone tribale de l’Ouest du Pakistan voisine de la frontière afghane. Leur sécurité imposerait qu’ils se passent de tout moyen moderne de communication, et ils ne confieraient leur courrier et avis qu’à des messagers en chair et en os. Des doutes existent même quant à la survie de Ben Laden.

Mais, malgré l’incapacité de la « galaxie » chère à Ben Laden à commettre un gros attentat en Occident depuis trois ans, malgré ses déchirements internes allégués, malgré ses échecs en Irak et en Arabie Saoudite, malgré l’apparent rejet populaire de ses méthodes dans le monde arabo-musulman, nul n’oserait affirmer que sa capacité de nuire a été réduite à néant.

Pourquoi les étages inférieurs n’ont-ils pas résisté ?

Les 110 étages des deux Tours se sont effondrés en une dizaine de secondes. Soit en chute libre. Les étages inférieurs n’ont pas ralenti la chute des étages supérieurs. Des pompiers présents sur les lieux témoignent d’explosions en série, « comme un train en marche ».

Pourquoi a-t-on trouvé du métal en fusion sous les décombres ?

Des images montrent des poutres sectionnées en biseau. Des pompiers et des personnes travaillant dans le WTC 1 et 2 rapportent plusieurs explosions dans les sous-sols. Le rapport officiel avoue ne pouvoir expliquer la présence de métal en fusion sous les décombres. Une chaleur torride s’en est dégagée pendant plusieurs semaines. Le NY Times a parlé de « mystère le plus profond de l’enquête ».

Pourquoi le WTC 7 s’est-il effondré ?

Ce bâtiment s’est effondré sept heures après les deux tours et comme elles. Aucun avion ne l’a frappé. Officiellement, l’effondrement des tours jumelles y a causé un incendie. L’immeuble abritait des bureaux d’agences de renseignement, du maire de NYC et de la commission d’enquête sur les scandales Enron et Worldcom. C’est le seul bâtiment à structure d’acier jamais mis à terre par un incendie.

Au Pentagone, s’agissait-il bien d’un avion ?

Les seules images rendues publiques par les autorités américaines dans le but d’apaiser les théories ne permettent pas d’affirmer qu’il s’agit d’un avion. La trajectoire de l’ovni est parallèle au sol. Aucune autre image des caméras de surveillance du ministère de la Défense américain n’a été rendue publique. Comme pour les deux avions du WTC, l’armée de l’air US n’est pas intervenue.

LOOS,BAUDOUIN,LEMA,LUIS,KIESEL,VERONIQUE,LALLEMAND,ALAIN
Cette entrée a été publiée dans 11 septembre, Dossiers, Monde, avec comme mot(s)-clef(s) , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.