Un dictionnaire fait « l’évènement »

Livres Un « Petit Robert » pas comme les autres

« Le Petit Robert 2009 » applique la révision
de l’orthographe, évolution naturelle vers la simplicité.

Le monde des dictionnaires trimballe derrière lui une idée de vieux aussi collante qu’un chewing-gum usé. Et pourtant, quelle modernité dans le Petit Robert de la langue française 2009 qui a choisi de placer en première position de ses entrées les mots tels que la révision de l’orthographe les écrit !

C’est-à-dire qu’on y trouve « acuponcteur » conforme à sa prononciation, « évènement » et « cuillérée » accentués selon l’usage, « imbécilité » supprimant l’anomalie du double l, « charriot » gagnant un r pour s’aligner sur ses cousins, « pizzéria », « cafétéria », « ikébana » accentués comme en français courant, « manageur » et « globe-trotteur », noms francisés dont la finale les distinguent des verbes, « tifosis » et « paparazzis » aux pluriels réguliers.

Beaucoup de mouvement aussi du côté des mots composés qui privilégient le singulier (« porte-clé », « presse-fruit ») ou se soudent quand ils le peuvent (exception faite de la collision de lettres que provoquerait « drap-housse »). Le Robert écrit dorénavant « malfamé », « encas », « portemonnaie », « parebrise », « bassecour » et « millepatte ». « Il faut arrêter de décomposer les mots et de les analyser », plaide Marie-Hélène Drivaud, directrice éditoriale du dictionnaire.

Avis aux inquiets : si deux façons d’écrire un mot sont possibles, elles coexistent.

L’œil s’habitue

Autre modification importante, l’application de la réforme de l’orthographe au sein même du dictionnaire. « Quand un mot change, comme “évènement”, explique Marie-Hélène Drivaud, il change partout dans le dictionnaire, sauf dans les citations bien entendu. » Ainsi, le mot “évènement” qui revient 500 fois a occasionné autant de changements et « l’œil s’habitue ».

Pour le reste, les ajouts de l’édition 2009 proviennent du domaine de l’astronomie, revu, de l’informatique (« blogosphère », « audiolivre », « baladodiffusion »), du sport (« acrosport », « mercato » avec l’effet rugby de « haka »), de l’environnement (« bioéthanol », « diester », « réfugié climatique »).

Quelques belgicismes comme « feu ouvert » ou « il douche » rejoignent ceux entrés en masse dans l’édition 2008. Mais ce sont les mots du Maghreb qui sont à l’honneur en 2009 : « babouchier », « ordurier » pour éboueur, « chaîner » pour faire la queue, « chorba » et « kefta » côté cuisine, « malouf » « nouba » côté musique, « aïd » côté religion sans oublier « ramadanesque », pleinement d’actualité.

Le nouveau Petit Robert de la langue française 2009, 2.837 p., 59 euros en France, 65,65 euros en Belgique (mais en promotion chez de nombreux libraires).

CAUWE,LUCIE
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