Exit le leader battu du parti conservateur !

Autriche Après la tornade électorale de dimanche, plusieurs scénarios de coalition sont possibles, avec ou sans l’extrême droite

De notre correspondant à Vienne

Première victime de la déroute historique enregistrée par son parti aux élections de dimanche, le candidat chancelier conservateur, et ancien vice-chancelier, Wilhelm Molterer a été démis hier soir de son poste par l’ÖVP convoqué en une réunion de crise.

Le jeune et ambitieux Josef Pröll, 40 ans, ex-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, a aussitôt récupéré le poste. Il pourrait ouvrir la voie à des accords de coalition inédits.

C’est un jeu à quatre inconnues qui se joue désormais entre les deux partis traditionnels en plein désarroi, et deux partis d’extrême droite, le FPÖ de Heinz-Christian Strache et le BZÖ de Jörg Haider, qui ont su surfer sur la vague du mécontentement populaire.

Idéalement placés en position d’arbitre, les deux « frères ennemis » Strache et Haider peuvent légitimement réclamer une place de choix dans une nouvelle coalition, qui pourrait cependant ne pas voir le jour avant Noël. « La force des partis d’extrême droite, prédit le politologue autrichien Anton Pelinka, va rendre extrêmement difficile la formation d’une coalition si l’une ou l’autre de ces deux formations n’entre pas au gouvernement ».

Pour le SPÖ (social-démocrate) et l’ÖVP, il sera donc difficile d’ignorer bien longtemps ces partenaires encombrants, plébiscités par les électeurs, dont nombre de jeunes qui votaient pour la première fois.

Werner Faymann, le chef du SPÖ et probable futur chancelier, a juré ses grands dieux durant la campagne qu’il ne chercherait pas d’alliance avec l’extrême droite. Une coalition « rouge-bleu-orange » entre SPÖ, FPÖ et BZÖ paraît donc exclue pour le moment. Si les négociations se prolongent, Faymann pourrait fort perdre la main au profit de Josef Pröll, doté d’une personnalité incontestablement plus énergique que celle de son prédécesseur Molterer, et plus tenté peut-être de diriger une coalition « noir-bleu-orange » entre ÖVP, FPÖ et BZÖ.

Une simple « grande coalition » ? Le leader des sociaux-démocrates n’avait pas exclu cette possibilité à condition que les conservateurs renouvellent leur direction. C’est chose faite. Du reste, Werner Faymann et Josef Pröll se connaissent bien, s’étant occupés ensemble de la coordination gouvernementale dans le cabinet sortant.

PICARD,MAURIN
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