Un repreneur pour le Val

Verre Val Saint Lambert Industrie veut investir près de 6 millions

La cristallerie est quasi sauvée. Pierre Grivegnée a réuni des investisseurs pour racheter l’usine et la marque.

Soulagés et confiants, les 58 travailleurs de la cristallerie du Val Saint Lambert ont un nouveau patron à partir de ce mercredi. Emmenée par l’investisseur immobilier Pierre Grivegnée qui a déjà un projet de « Cristal Park » sur le site, Val Saint Lambert Industrie a conclu un accord de reprise avec la curatelle de la cristallerie. Non seulement la société reprend l’usine et la totalité des travailleurs mais également la marque, les stocks et les boutiques de Seraing, Bruxelles et Paris, même si ces dernières pourraient être immédiatement revendues. Il était temps : ce mardi était le dernier jour de la poursuite des activités autorisée par le tribunal de commerce après que la cristallerie est tombée en faillite le 8 août dernier.

En tout, plus de 6 millions d’euros devraient être investis par Val Saint Lambert Industrie pour le rachat des actifs et la remise à neuf de l’usine. Si le repreneur est 100 % privé, composé notamment de sociétés liégeoises, il compte faire appel à la Sogepa (Région wallonne) pour un emprunt de 1,5 million d’euros.

« Il fallait à tout prix ramener la marque, les stocks et le réseau de distribution dans le giron de la cristallerie pour qu’émerge un véritable projet de reprise industriel », explique le curateur Pierre Ramquet qui est parvenu à nouer un accord en ce sens avec Sylvie Henquin.

Accord de Sylvie Henquin

Dans un communiqué, l’administratrice déléguée de Val Saint Lambert International confirme la cession de la marque à la curatelle et la mise en liquidation de sa société. On parle d’un montant de rachat de 800.000 euros alors que Sylvie Henquin l’avait achetée pour 700.000 euros à époque. Néanmoins, cet accord doit encore être homologué par le tribunal de commerce dans les prochaines semaines.

Autre incertitude : l’attitude des créanciers – notamment d’ING – qui totalisent 10 millions d’euros de créances. « Nous sommes face à un plan industriel ambitieux et crédible sans licenciement du personnel. Nous n’accepterions pas que les créanciers s’embarquent dans une logique strictement financière », prévient Marc Goblet, président de la FGTB Liège-Huy-Waremme.

Indirectement, la Ville de Seraing devrait participer au sauvetage. « Nous sommes d’accord d’être partie prenante dans le rachat de la marque de manière à ce que la Ville ait son mot à dire en cas de cession future, explique le bourgmestre de Seraing Alain Mathot. Je suis très heureux : cette reprise est nécessaire à la vie touristique du Val et aux projets immobiliers en cours sur le site ».

Ce mardi, malgré le peu de détails sur les intentions du repreneur – il projetterait de construire une nouvelle usine et réorganiserait le personnel – les travailleurs réunis en assemblée générale ont accepté, sans broncher, la reprise.

« Nous avons le sentiment d’être bien repartis, déclare Mario Curto, mécanicien. Pour nous, c’est un renouveau : il faut tout reconstruire ».

BODEUX,PHILIPPE
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