Stefan Schumacher tombe à son tour

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Dopage Le roi des chronos de juillet était positif
Le nouveau test sanguin de détection livre ses premiers verdicts. Sans appel pour le coureur allemand.

Il est souvent réducteur d’affirmer qu’il n’y a pas de fumée sans feu et que les rumeurs se fondent toujours sur des faits, mais il se trouve qu’en cyclisme l’assertion se vérifie désormais souvent, trop souvent pour les amoureux utopiques d’un cyclisme propre, aussi souvent que possible pour tous ceux qui ont la conviction que la marche vers un sport propre passe par l’élimination des tricheurs.

À cet égard, la journée de lundi a été édifiante. Tour à tour, Leonardo Piepoli, le lieutenant de luxe de Riccardo Ricco à la Saunier Duval, puis Stefan Schumacher, le roi des chronos sur le récent Tour de France, l’ont appris à leurs dépens, convaincus, l’un comme l’autre, de s’être dopés à la CERA, cette version synthétique de la fameuse EPO, la version la plus moderne du dopage, que beaucoup croyaient indécelable et qui aujourd’hui confond enfin les tricheurs.

Déjà licencié par son équipe (pour violation du code éthique), dès juillet bien qu’il n’ait pas à l’époque été contrôlé positif, Piepoli est aujourd’hui définitivement confondu. Entendu à titre de témoin, après l’exclusion de son chef de file Ricco, il avait nié en bloc. Mais il n’y a pas de fumée sans feu. L’officialisation est arrivée lundi, par le biais d’un communiqué du Coni, le Comité olympique italien : le grimpeur italien était bien dopé à la CERA, comme le prouvent des contrôles effectués le 4 juillet, à Brest et le 15, à Toulouse.

Pourquoi confondu seulement aujourd’hui ? Parce que difficilement décelable dans l’analyse classique des échantillons urinaires, la molécule est désormais beaucoup plus clairement identifiable au moyen d’un contrôle sanguin mis au point, depuis juillet, par l’Agence française de lutte antidopage (AFLD). Depuis lundi dernier, le laboratoire de Chatenay-Malabry procède ainsi à l’analyse des prélèvements sanguins d’une série de coureurs n’ayant pu être confondus par les simples tests urinaires.

« Certains doivent avoir du mal à trouver le sommeil », avait prévenu l’instance, à raison. Piepoli confondu en début de journée a en effet été suivi par un plus gros poisson encore, ainsi que l’annonça le site internet du quotidien L’Équipe : Stefan Schumacher était lui aussi positif à cette même substance. L’Allemand de la formation Gerolsteiner traînait déjà une réputation peu flatteuse, entachée notamment d’un contrôle positif aux amphétamines en 2007. Suspect mais innocenté, il avait particulièrement brillé en juillet, dominant les deux exercices chronométrés à Cholet et Saint-Amand-Montrond, impressionnant de puissance, porteur du maillot jaune durant deux jours, arborant un profil serein… mais composé.

S’il niait l’information lundi alors que Pierre Bordry, le président de l’AFLD, refusait de la confirmer, laissant (selon la procédure) les autorités allemandes l’officialiser, Hans-Michael Holzer, le team manager de Gerolsteiner (l’équipe de Schumacher), communiquait lui sans détours : Christian Prudhomme, le directeur du Tour, l’avait informé de la positivité de Schumacher.

Outre une suspension immédiate, l’équipe entend entamer une action en justice, s’estimant salie, trompée par son coureur phare à l’image d’un peloton qui a dû tolérer l’arrogance du duo de la Saunier Duval et la domination écrasante de Schumacher, plus rapide que la montre mais aujourd’hui rattrapé par les contrôles.

Alors que de nouvelles révélations sont encore à craindre (ou à espérer ?) dans les heures et les jours à venir, il faut rappeler que le coureur allemand avait il y a quelques semaines été recruté par Quick Step pour la saison prochaine. Un renfort de choix même si critiqué jusqu’à lundi. Mais désormais une maladresse pour la formation de Patrick Lefevere.

GREGOIRE,JOEL
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