Kaupthing tombe, elle aussi

Banques La première banque islandaise est nationalisée

Kaupthing a gelé les comptes de ses milliers de clients en Belgique. Un administrateur est nommé à Luxembourg.

La crise financière qui balaie l’Islande, une des économies les plus exposées aux crédits étrangers, a finalement eu raison, également, de la santé de Kaupthing Bank, la première banque commerciale du pays, qui a dû être nationalisée elle aussi ce jeudi.

Sur le fond, la direction de la banque islandaise accuse le gouvernement d’avoir précipité la crise en annonçant voici quelques jours la nationalisation de Glitnir, la troisième banque du pays. Une décision qui a enclenché une crise de confiance qui n’a pu être arrêtée.

Mais la décision a aussi des conséquences directes pour certains épargnants belges : Kaupthing opère en Belgique via une succursale attachée à Kaupthing Bank Luxembourg. La décision de nationalisation de la maison mère a provoqué le gel des avoirs de Kaupthing Luxembourg, et donc, aussi des dépôts belges. Voici deux jours encore, Kaupthing Luxembourg annonçait qu’elle était une banque solide, avec une proportion de dépôts presque égale (90 %) à celle des crédits.

Kaupthing Luxembourg en « sursis de paiement »

Kaupthing Luxembourg n’est pas en faillite, ni en liquidation, mais a demandé un « sursis de paiement ». Cela signifie dans la pratique que les avoirs de la banque peuvent être gelés pendant six mois et que la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), le gendarme bancaire luxembourgeois, va administrer la banque en attendant que la justice luxembourgeoise nomme un administrateur. La CSSF, puis l’administrateur judiciaire, auront pour mission de protéger les dépôts de la banque.

Mais pour les clients de Kaupthing en Belgique – qui sont plusieurs milliers, nous dit-on à la succursale belge sans vouloir en préciser le nombre –, cela signifie donc que leurs comptes sont gelés, que plus aucune opération entrante ou sortante n’est possible et que l’accès des bureaux de Kaupthing à Anvers et Bruxelles est fermé.

Les dépôts des clients belges sont couverts par l’Association de garantie des dépôts, qui est l’organisme luxembourgeois qui protège les épargnants. Même si une décision politique a été prise mardi dernier pour porter le minimum de garantie de dépôts bancaires de 20.000 à 50.000 euros, l’Association luxembourgeoise nous dit que cette décision n’est pas encore traduite dans la loi, et que donc au jour d’aujourd’hui, la couverture maximale n’est que de 20.000 euros.

PIERRE-HENRI THOMA

LES PORTFOLIOS : La crise financière

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