Des fonds frais pour Ethias

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Assurance Suite à la chute des marchés et de Dexia en particulier

L’assureur doit réunir 1,5 milliard pour répondre aux exigences de solvabilité de la CBFA. Bernard Thiry remplace Guy Burton.

Ethias, la 3e compagnie d’assurance belge, est à nouveau sous les projecteurs de l’actualité. Il y a quelques semaines, son nom avait été évoqué à propos de produits de la banque d’affaires Lehman Brothers que l’assureur des communes avait commercialisés. Lundi dernier, Ethias avait fait savoir qu’elle assumerait ses responsabilités auprès des souscripteurs. Le fait nouveau, affirmé vendredi par le quotidien français La Tribune citant Guy Burton, le directeur général d’Ethias, est d’une autre dimension : la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) aurait enjoint la compagnie de trouver d’ici mardi 1,5 milliard d’argent frais de manière à rétablir sa solvabilité.

Renseignements pris, la CBFA rencontre effectivement Ethias ce mardi 21 octobre mais pas dans l’esprit d’un ultimatum. « Il n’est pas vrai que nous attendons un chèque de 1,5 milliard d’euros pour mardi et ce montant n’a d’ailleurs jamais été mis sur la table », a-t-on expliqué ce vendredi du côté du gendarme des marchés. Mais ce dernier a bien demandé par contre qu’Ethias lui présente un plan incluant notamment une recapitalisation que l’assureur a située à 1,5 milliard. « La CBFA attend de nous un plan de refinancement et de réorganisation crédible et un phasage qui le soit aussi. Nous travaillons à ce plan depuis un moment d’ailleurs mais nous ne sommes pas dans le scénario d’urgence que l’on veut faire croire », nous dit-on.

Le conseil d’administration de l’assureur mutualiste se prononcera sur ce plan mercredi prochain. Il lui sera aussi proposé de nommer Bernard Thiry, 53 ans dans deux mois et jusqu’ici professeur d’économie à l’ULg, à la tête d’Ethias, en lieu et place de Guy Burton. L’actuel patron devait partir en pension fin décembre mais voilà sa succession quelque peu anticipée, pour raisons de santé. Le patron paie aussi sa sortie dans le quotidien français, jugée malheureuse.

Mais pourquoi faut-il consolider les finances de l’assureur ? Parce que ses portefeuilles d’actions ont souffert de la chute des marchés en général et de celle de l’action Dexia en particulier, dont Ethias est un des principaux actionnaires (5 % du capital après la restructuration).

Avant la tempête bancaire, la participation d’Ethias dans Dexia était en effet reprise au bilan du groupe à hauteur de 1,2 milliard d’euros. Maintenant que le cours de Dexia est tombé sous les 5 euros, cette participation ne vaut plus que 0,35 milliard. Or, elle fait partie des « réserves » que tout assureur doit constituer pour garantir les engagements pris à l’égard des assurés. Ce « trou comptable », il faut le combler. Pour ce faire, une société dotée du statut de société anonyme, Ethias Finance, a été mise sur pied il y a quelques jours pour rassembler les fonds nécessaires.

Où trouver les fonds ? Toutes les pistes sont explorées. A court terme, il est notamment question d’un apport des deux autres caisses du groupe (accidents, de travail et droit commun). Mais de façon structurelle, « nous étudions la possibilité d’un apport par les Régions et certaines intercommunales clientes chez nous depuis longtemps voire par d’autres partenaires comme Dexia Holding », ajoute Bernard Thiry, directeur général ad interim. Qui précise encore qu’Ethias attend de l’Etat qu’il intervienne dans son rôle nouveau de garantie des liquidités, comme Yves Leterme l’a proposé récemment.

Quoi qu’il en soit, on insiste fort, chez Ethias, sur la nature réelle du problème actuel : « C’est une question de respect des normes comptables en matière de solvabilité », la CBFA voulant que l’assureur tienne compte des moins values latentes plus rapidement que dans le délai de trois ans prévu par les règles propres à Ethias. « Mais notre liquidité n’est absolument pas en cause ». Ethias répète qu’elle garantit le paiement du capital et de l’intérêt de base de tous les produits de la gamme First.

P.51 500 millions

de pertes pour ING

GERARD,PAUL,CHARLET,MARC
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