ING rattrapée à son tour par la crise

Banques Perte de 500 millions au 3e trimestre

La banque néerlandaise passe pour 3,1 milliards d’euros de dépréciations. Plus personne ne semble à l’abri.

Maintenant que la crise est devenue systémique, plus aucune banque ne semble pouvoir échapper aux désormais célèbres « dépréciations d’actifs ». Même les établissements qui avaient jusqu’ici affiché une confiance inébranlable ne sont plus à l’abri des risques liés aux « subprimes ». On en a eu la preuve mercredi avec KBC (Le Soir du 16 octobre 2008). La banque flamande, que l’on croyait bien protégée, a dû déprécier en un coup 1,1 milliard d’euros d’actifs et annoncé, dans la foulée, une perte comprise entre 880 et 930 millions d’euros au troisième trimestre.

Vendredi, c’est une autre institution du Benelux qui a trébuché. La néerlandaise ING, très active en Belgique, semblait pourtant solide, à tel point qu’elle avait un temps été candidate au rachat d’actifs de sa concurrente Fortis. Le groupe néerlandais de bancassurance a pourtant annoncé qu’elle prévoyait une perte nette de 500 millions d’euros au troisième trimestre provoquée par les difficultés que traversent les marchés financiers et des dépréciations de ses avoirs dans des produits financiers dérivés. A la clôture de la bourse d’Amsterdam, le titre ING reculait de 27,48 % à 7,34 euros.

ING a subi une dépréciation de 1,6 milliard d’euros de son portefeuille d’actions et obligations, et de 1,5 milliard d’euros sur des investissements dans des produits financiers dérivés.

« Le modèle d’ING est solide, ainsi que nos performances commerciales, mais cela ne signifie pas que nous sommes imperméables à l’environnement extérieur, a déclaré le patron d’ING, le Belge Michel Tilmant. La crise est profonde, et même les groupes les plus sains en sentent les effets », a-t-il ajouté, assurant que la vision à long terme du groupe, son approche prudente des affaires, des risques et des capitaux « nous guideront en avant ».

Se voulant rassurant, la direction du groupe a indiqué que sa position financière est conforme à ses objectifs, et que les dettes d’ING équivalent 15 % de ses avoirs. Le groupe a ajouté que « les aides proposées par l’Etat seront analysées sur leurs mérites lorsque les conditions seront connues », laissant la porte ouverte à un appel à l’aide à l’Etat néerlandais. La Haye avait annoncé la semaine dernière mettre à la disposition du secteur financier 20 milliards d’euros pour l’aider à faire face à la crise, et indiqué lundi qu’elle allait garantir les prêts interbancaires à hauteur de 200 milliards d’euros.

AFP,PADOAN,BERNARD
LES PORTFOLIOS : La crise financière
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