Et lundi matin, KBC aussi fut refinancée

Comme nous l’annoncions ce samedi, KBC et l’Etat belge ont négocié ce week-end un projet de recapitalisation du groupe de bancassurance à hauteur de 3,5 milliards d’euros. Un accord de principe a été dégagé dimanche. Le comité ministériel se réunit ce lundi à 7 h et est suivi d’un conseil des ministres à 8 h qui doit avaliser l’accord. Le ministre des Finances Didier Reynders, de retour d’un déplacement au Maroc, atterrit en effet à Bruxelles à la fine pointe de l’aube. Le gouvernement veut agir vite pour permettre, si possible, à KBC d’annoncer les mesures prises avant l’ouverture des marchés, à 9 heures. En pleine crise financière et après Fortis ou Dexia, la troisième grande banque belge a, elle aussi, dû frapper à la porte de l’Etat pour lui demander son aide.

Un gros coup de pouce à KBC
Banque Le gouvernement doit avaliser l’accord ce lundi matin tôt

État belge et bancassureur ont trouvé un accord de principe, visant à recapitaliser KBC pour 3,5 milliards.

A chaque week-end sa négociation bancaire. Après le sauvetage de Fortis puis de Dexia, c’était au tour de KBC de s’imposer au programme du gouvernement belge. Comme nous le révélions dans nos éditions de ce samedi en effet, le bancassureur flamand a sollicité l’Etat belge pour une recapitalisation à hauteur de 3,5 milliards d’euros.

La haute direction de KBC, emmenée par le CEO André Bergen, et le groupe d’experts-négociateurs du gouvernement fédéral, emmené par le vice-gouverneur de la Banque nationale Luc Coene, ont donc négocié au siège de la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA). Ils ont fini par dégager un accord, qui devait encore être peaufiné à l’heure de boucler cette édition mais dont les grandes lignes faisaient selon nos informations l’objet d’un consensus : un apport de capital par l’Etat à hauteur de quelque 3,5 milliards d’euros, n’octroyant pas de droit de vote mais bien un droit au dividende, le tout dans une logique de moyen terme.

Les négociations du week-end, largement inspirées du montage convenu aux Pays-Bas il y a une semaine pour ING, ont cherché à concilier les deux approches en présence : l’Etat a logiquement cherché à limiter son risque financier, la banque à préserver son indépendance de gestion en même temps que ses actionnaires de référence (actionnaires familiaux, Cera, Boerenbond) qui assurent l’ancrage belge de KBC.

L’accord doit encore recevoir l’aval du gouvernement ce lundi. Le comité ministériel restreint se réunit à 7 h et est suivi d’un conseil des ministres à 8 h. Le ministre des Finances Didier Reynders, de retour d’un déplacement au Maroc, préside les deux réunions. Le Premier ministre Yves Leterme rentre pour sa part mardi matin de Chine.

Ce timing plutôt serré est une fois de plus dicté par les marchés boursiers : l’idée est de permettre au groupe financier de communiquer avant l’ouverture des marchés. Sauf contre-ordre matinal en provenance de la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA), la Bourse Euronext Bruxelles était donc partie en mesure de faire coter l’action KBC ce lundi dès 9 heures.

Mais pourquoi ce nouvel appel à l’aide d’une banque à son gouvernement ? Contrairement à Fortis ou Dexia, le cas de KBC ne revêtait pas le même degré d’urgence en matière d’apport de liquidités. Le bancassureur se félicitait au contraire publiquement, ce vendredi, de sa situation confortable en la matière : « Depuis quelques mois, nous enregistrons même une forte hausse des dépôts de clients. » De même, le groupe qualifiait sa base de capital de « solide ».

La Bourse, elle, ne l’entendait pas de cette oreille. Stressés par les défaillances récentes du système bancaire, traumatisés même depuis la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers le 15 septembre, les marchés ont récemment relevé leurs exigences non écrites en matière de fonds propres. Après avoir passé pour 1,6 milliard d’euros d’amortissements supplémentaires sur des placements jugés de plus en plus toxiques (son portefeuille de crédits structurés), KBC s’est retrouvée un peu « court » face à ces critères de solvabilité rehaussés.

Les investisseurs ont alors commencé à sanctionner chaque jour un peu plus l’action du bancassureur, jusqu’à mener la valeur du groupe sous les 10 milliards d’euros vendredi à la clôture, d’autant qu’ils s’interrogent aussi sur les effets de la crise financière dans une région comme l’Europe de l’Est dont KBC s’est fait une spécialité. Le marché dictant sa loi, le groupe flamand a bien fini par s’y conformer.

GERARD,PAUL

LES PORTFOLIOS : la crise financière

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