L’Inde décroche la Lune

Espace Une première sonde

La première sonde lunaire indienne est arrivée à destination, ce week-end. Un exploit auquel participe l’ESA.

Un peu plus de deux semaines après son décollage depuis le centre spatial Satish Dhawan situé à Sriharikota (dans l’est de l’Inde, à 90 km au nord de Madras), la première sonde lunaire indienne est arrivée ce week-end en orbite autour de notre satellite naturel.

Lancé le 22 octobre au moyen d’une fusée indienne PSLV, la sonde Chandrayaan-1 va à présent devoir réduire son orbite pour tourner d’ici quelques jours à une centaine de kilomètres au-dessus de la surface lunaire. Quatre manœuvres orbitales sont prévues pour la placer sur son orbite de travail définitive.

Pour l’Inde, l’arrivée à destination de sa première sonde lunaire est un exploit. Ce vaste pays nous avait déjà habitués à des lancements spatiaux réussis (dont celui du premier satellite belge Proba en 2001), ainsi qu’à la gestion d’une flotte de satellites géostationnaires dont treize « Insat ».

Avec Chandrayaan-1, ce pays vient à présent de prouver son savoir-faire en matière de navigation spatiale dans la course qui l’oppose au Japon et à la Chine.

Chandrayaan-1 est un satellite scientifique doté de 11 instruments de mesures. Ces détecteurs sont chargés de réaliser des études topographiques à haute résolution, et en trois dimensions, de la surface lunaire, de la détection d’eau, de la caractérisation des minéraux ou encore de l’étude des interactions entre la surface de la Lune avec le vent solaire et les rayons cosmiques. La recherche de glace dans les régions polaires est aussi à son programme. Enfin, cette mission apportera de nouvelles données sur l’asymétrie entre la face visible et la face cachée de la Lune.

L’agence spatiale indienne, l’Isro, a également doté sa sonde d’un petit alunisseur. Ce « missile » sera chargé d’étudier le sol un peu plus en profondeur. Il participera ainsi à une étude plus vaste sur la composition de la croûte sélène et pourrait apporter des informations inédites sur les mécanismes à l’origine des mers et des bassins qui maculent sa surface.

L’Europe participe directement à cette nouvelle aventure, par la mise au point de trois des instruments scientifiques embarqués sur Chandrayaan-1.

Accès aux Européens

L’instrument C1XS (Chandrayaan-1 imaging X-ray Spectrometer) a été mis au point en Angleterre par le Laboratoire Rutheford Appleton en collaboration avec le Centre des satellites de l’Isro à Bangalore. Cet outil est chargé de mesurer l’abondance de magnésium, d’aluminium, de silice, de fer et de titane.

SIR-2 (Smart near infrared spectrometer) a été élaboré par l’Institut Max Planck pour les sciences planétaires, en Allemagne. Il étudiera les différents reliefs lunaires.

Enfin, Sara (Sub-kiloelectronvolt atom refleting analyser), mis au point par l’Institut suédois pour la physique spatiale, avec le laboratoire de physique spatiale du Centre Vikram Sarabhai de Thiruvananthapuram, étudiera en détail les interactions entre le vent solaire et les anomalies magnétiques présentes à la surface de notre satellite.

La mission scientifique de Chandrayaan-1 autour de la Lune devrait durer deux ans. La collaboration indo-européenne garantit aux chercheurs européens un accès aux données récoltées par le satellite.

www.esa.int

www.isro.org

DU BRULLE,CHRISTIAN
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