Le pétrole sous les 50 dollars

Energie Le baril de brut a franchi jeudi le seuil symbolique

La crise financière et les spéculateurs poussent l’or noir vers des prix plus aperçus depuis trois ans.

 Un dicton moyen-oriental dit qu’un oiseau qui vole trop haut est condamné à tomber. « Il a fallu quarante mois aux prix pétroliers pour passer de 50 à 150 dollars et à peine quatre mois à ces mêmes prix pour retomber », constate un expert du « Centre for global energy studies » (Ceges) de Londres qui renvoie à la « sagesse » proverbiale. Car, ce jeudi, le baril d’or noir est passé sous le seuil symbolique des 50 dollars. A Londres comme à New York.

Tandis que les 150 litres de « light sweet crude » pour livraison en décembre, référence new-yorkaise, finissaient la séance vers 21 heures à 49,62 dollars, cédant 4 dollars par rapport au dernier cours de mercredi, le Brent, roi du marché londonien, plongeait vers les 48 dollars. Du plus vu depuis mai 2005.

« La décision de l’Opep (organisation des pays exportateurs de pétrole, NDLR), prise dans l’urgence le mois dernier, visant à réduire la production de 1,5 million de barils par jour (la consommation planétaire quotidienne atteint 85 millions, NDLR), n’a pas réussi à arrêter la dégringolade », note le Ceges. « Et les prévisions de demande continuent d’être revues à la baisse ; une contraction de la demande en 2009 (par rapport à 2008) apparaît désormais comme une possibilité réelle ce qui constituerait une première en 25 ans. L’évolution des prix dépendra de comment et quand l’Opep réduira sa production en réponse à cette chute de la demande », estime l’institut basé dans la capitale anglaise. La réponse à ces questions sera peut-être donnée au Caire, le 29 novembre prochain, où se tiendra le prochain sommet de l’Opep.

Un baril à 30 dollars ?

Aux Etats-Unis, premiers consommateurs mondiaux de pétrole, la détérioration de la demande a été confirmée par la Réserve fédérale, qui n’a pas écarté la possibilité d’une contraction de l’activité l’an prochain. Et le rapport hebdomadaire du Département américain de l’énergie a confirmé la morosité ambiante, annonçant une nouvelle baisse de la consommation au cours des quatre dernières semaines.

« La crise économique qui se profile fait craindre une surproduction et des stocks trop remplis. Conséquence : les prix baissent », explique un conseiller du gouvernement belge en matières énergétiques. « Mais un second phénomène semble apparaître : à l’instar de ce qui s’était produit au cours des derniers mois, on assiste à un phénomène spéculatif mais à la baisse cette fois. Certains investisseurs parient encore sur une baisse du baril, évoquant dans certains cas un seuil de 30 dollars », indique-t-il.

Cet écroulement des cours pétroliers adoucit la note énergétique. Le prix du mazout est passé sous les 60 centimes le litre (59,85). Même topo dans les stations-services : le litre de diesel s’affiche à 1,083 euro (prix maximum). Voici quelques mois, les deux liquides se négociaient encore, respectivement, à plus de 95 centimes et à 1,469 euro.

CONDIJTS,JOAN
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