Les gros producteurs manquent à l’appel

Armes Signature à Oslo d’un Traité historique contre les bombes à sous-munitions

Une centaine de pays se sont réunis mercredi à Oslo pour signer un traité interdisant les bombes à sous-munitions, un fléau pour les populations civiles, tout en appelant les plus gros producteurs, tels les Etats-Unis, la Chine, la Russie ou Israël, à se joindre à l’accord.

« C’est une journée historique qui voit une majorité d’Etats s’engager à bannir les sous-munitions, définissant une nouvelle norme internationale qui fera une différence considérable pour des milliers et des milliers de personnes », a déclaré le chef de la diplomatie norvégienne, Jonas Gahr Stoere. A l’origine du processus d’interdiction, son pays a ouvert le bal et signé, le premier, l’accord qui prohibe la production, l’utilisation, le stockage et le commerce de ces armes et qui, fait novateur, oblige les signataires à venir en aide aux victimes des bombes à sous-munitions.

Ces bombes peuvent contenir plusieurs centaines de minibombes, qui se dispersent sur un vaste périmètre mais n’explosent pas toutes, se muant de facto en mines antipersonnel, interdites par la Convention d’Ottawa de 1997. Selon Handicap International, environ 100.000 personnes, dont 98 % de civils, ont été tuées ou mutilées par ces armes depuis 1965. Plus d’un quart d’entre elles sont des enfants, intrigués par leurs formes et leurs couleurs.

« C’est l’accord humanitaire le plus important de la dernière décennie », a lancé Richard Moyes, coprésident de la Coalition contre les sous-munitions (CMC), organisation parapluie regroupant près de 300 ONG. Pour entrer en vigueur, le texte doit être ratifié par au moins 30 Etats. La Norvège, un des quelques pays à avoir lancé le processus de ratification, a dit espérer que l’objectif serait atteint début 2009. Une centaine de pays au total, dont la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et le Canada, devraient apposer leur signature sur l’accord obtenu à l’arraché en mai à Dublin.

L’argument américain

La portée de la Convention d’Oslo sur les sous-munitions est cependant limitée par l’absence des principaux producteurs et utilisateurs. « Bien sûr, le traité aurait été un outil plus robuste si les Etats-Unis, la Russie, la Chine, Israël, le Pakistan et l’Inde avaient été partie prenante », a reconnu M. Stoere.

Washington a réitéré son opposition à l’interdiction. « Une interdiction des bombes à sous-munitions formulée de manière aussi générale mettra en danger les vies de nos hommes et de nos femmes et celles de nos partenaires au sein de coalitions », a plaidé le département d’Etat. (afp)

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