Feuillage et silence, doutes et lueurs

Poésie Jean-Louis Crousse est décédé

Un poète qui meurt, c’est un intrépide voyageur qui disparaît, un explorateur de la langue et des mots, des chemins de traverse, des soleils mouillés et des ciels brouillés. Jean-Louis Crousse était de ces audacieux-là. Le poète belge est décédé le 31 décembre à Bujumbura, où il rendait visite à son fils. Un malaise cardiaque l’a emporté. Son autre fils, Nicolas, est notre journaliste cinéma. Le Soir lui adresse ses condoléances.

Jean-Louis Crousse avait 76 ans et trois enfants : une fille, deux fils. Une première vie passée dans une banque. Une autre, la vraie, consacrée à la poésie. Téméraire en ces temps de marginalisation de cet art. Il a écrit une douzaine de recueils aux titres subtils, qui à la fois goûtent à la langue et stimulent l’imagination.

Que faire d’une lampe, il pleut, le jour se lève ; Le Vif, l’à peine ; La nuit en suspens (Franche lippée) ; Aller là-bas ; Mille gris ; Prose d’eau ; Feuillage et silence ; Du plus bas parler ; Le voyage léger ; Long hiver.

Une poésie en clair-obscur, impressionniste, profonde sous des oripeaux de légèreté. Une musique de chambre et de chemins de traverse, pleine de doutes et de lueurs. « Ce qui intéresse Jean-Louis Crousse, écrit-on dans Arts et Lettres, c’est l’aller-retour vie-écriture, le jeu léger des mots alors que tout n’est pas léger dans la vie, les contradictions, les contrastes, la cohabitation difficile du carpe diem et des passions. Ce poète a le sentiment de l’impermanence des choses. »

Mais laissons Jean-Louis Crousse parler :

« Morts familiers tendres visages

grises vies complexes

et douces passées

outre le paysage. »

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE
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