Air France – KLM dit « oui » à Alitalia

 

 
 Transport aérien Une épine demeure : la compagnie italienne devrait réduire son « hub » de Milan

 ROME

 De notre correspondante

  Le mariage, tant attendu et tant de fois repoussé, entre Air France – KLM et Alitalia sera-t-il enfin célébré la semaine prochaine ? Vendredi matin, le conseil d’administration d’Air France – KLM a accepté l’accord de partenariat que lui offre la « compagnie aérienne italienne » (CAI), le consortium d’industriels italiens qui, l’été dernier, a repris les activités encore rentables d’une Alitalia au bord de la faillite.

 

  La participation de la compagnie franco-néerlandaise au capital de la nouvelle Alitalia qui doit renaître de ses cendres ce mardi 13 janvier serait de 25 % et lui coûterait quelque 300 millions d’euros. Le conseil d’administration de la CAI devrait donner son aval, à son tour, lundi et l’accord devrait, enfin, être signé lundi soir ou mardi. Tout ceci au conditionnel car avec Alitalia rien n’est jamais simple… Un accord aurait déjà dû être signé avec Air France – KLM en avril dernier. Le mariage ne s’est pas fait, non à cause des réactions des syndicats comme on le dit souvent mais parce que « l’italianité » d’Alitalia faisait partie de la campagne électorale de Silvio Berlusconi.

  Cette fois-ci, le problème qui se pose est l’avenir de l’aéroport milanais de Malpensa pour lequel il n’y a pas de place – en tout cas pas en tant que deuxième « hub » italien aux côtés de l’aéroport romain de Fiumicino – dans l’actuel plan de relance. Silvio Berlusconi a donné sa bénédiction à l’alliance italo-franco-néerlandaise en déclarant qu’il n’existait « aucune contre-indication ». Mais il a aussi laissé la porte ouverte à un éventuel accord commercial avec Lufthansa. De quoi calmer la colère de son ministre des réformes, Umberto Bossi, leader de la Ligue du Nord pour qui « c’est une stupidité de passer un accord avec les Français qui vont fermer Malpensa et emmener les touristes à Paris ». Pour la Ligue du Nord, en effet, la meilleure solution aurait été un mariage avec Lufthansa qui a toujours privilégié Malpensa. Cependant, la compagnie allemande n’a jamais présenté d’offre officielle. « Ce n’est parce que nous ne l’avons pas fait jusqu’ici que nous ne le ferons jamais », a déclaré la porte-parole de Lufthansa, affirmant que « des contacts sont en cours ». De quoi redonner vigueur à tout le front pro-Malpensa qui va bien au-delà de la Ligue du Nord.

  Vendredi, divers ministres se sont exprimés sur l’importance de Malpensa pour le pays tout entier et une lettre en faveur de l’aéroport, signée par des élus locaux, des industriels et des syndicalistes de Lombardie (la région de Milan) a été envoyée à M. Berlusconi. En même temps, au Parlement, un amendement « sauve-Malpensa » a été joint au texte d’un décret anti-crise du gouvernement, prévoyant d’amplifier le nombre de vols grâce à des accords bilatéraux avec divers pays. « Tout est fait et rien n’est fait », titrait, vendredi, une dépêche donnant les dernières nouvelles d’Alitalia.

 LUKSIC,VANJA
Cette entrée a été publiée dans Economie, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.