Le Prince est beau et sent bon le sable chaud

Jeu vidéo Un héros musclé et cabriolant

Le Prince des sables est de retour. Et sur les consoles de la nouvelle génération, excusez du peu ! Comme pas mal de titres à rallonge, Prince of Persia a connu des fortunes diverses. Mais on se souvient que l’épisode des « Sables du temps », sorti sur la PS2, avait décoiffé l’audience qui a découvert une jouabilité innovante, faite de sauts de la mort, cabrioles, courses à la verticale, galopades sur des colonnes, saut sur des poutres ou volte sur des barres…

Depuis lors, d’autres jeux sont passés par là, des Mirror’s Edge, des Tomb Raider qui exploitent avec talent et imagination ce même registre. Prince of Persia n’en reprend pas moins la recette à succès. Le scénario n’apparaît pas d’emblée avec une totale clarté, mais au fil du temps le joueur apprend pourquoi il est là. Alors qu’il est à la recherche de son âne chargé des fruits du pillage d’une tombe, le héros sauve une jeune fille poursuivie par des gardes noirs. Elika convainc l’aventurier de la suivre et de libérer le monde d’un seigneur des ténèbres. Avec ses tablettes de chocolat et son gigantesque sabre au côté, le héros est un costaud gaillard. Il traîne sa belle gueule de capon mal dégrossi, pas très futé et parfois cynique. Surtout, il a deux qualités majeures : il est prompt à brandir son coupe-choux et il est agile comme une compagnie de chimpanzés. Sans cesse à ses basques voire sur son dos, sa mignonne compagne aux pieds nus joue un rôle de guide touristique et de chien de garde. Elle dévoile peu à peu la quête, participe aux combats en apportant sa touche de magie et tend une main secourable au prince lorsque celui-ci plonge dans le vide et risque de se rompre les os.

Un combat pour la lumière

Dans une ambiance mêlant les mille et une nuits et l’heroïc fantasy, le Prince of Persia d’Ubisoft gagne incontestablement son pari en termes de plaisir esthétique, visuel et sonore. Plongé dans la noirceur, habité par des créatures possédées, l’univers retrouve des couleurs à mesure de sa purification. Largement accessible, PoP pèche cependant par un côté trop répétitif. Certes, la taille de l’univers et la progression en arborescence laissent le choix du parcours, mais on a trop souvent l’impression de se retrouver dans une même configuration géographique. Dans des combats soignés, on trouve quelques nouveautés, obligeant à faire preuve de finesse et de rythme dans les affrontements.

Même si cela ajoute un peu de complexité et quelques touches d’humour dans une atmosphère de tension, on reste un peu perplexe devant les dialogues entre le héros et Elika : à force de vouloir faire dans l’exotisme et l’humour, ils tombent parfois dans le farfelu. Mais il y a quelque chose de rafraîchissant à entendre un personnage de jeu vidéo suggérer à l’autre de « rester dans le monde réel au lieu de faire travailler son imagination ».

Prince of Persia, Ubisoft, 60 euros

http://blogs.lesoir.be/moi_jeux

DE MUELENAERE,MICHEL
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