Le Mordor profondément

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Jeu vidéo « Le seigneur des anneaux – L’âge des conquêtes »

Il y a des œuvres comme ça, qui se prêtent très bien à une adaptation au cinéma.
Et puis au jeu vidéo, bien sûr.

Le Seigneur des anneaux est l’une de celles-là. Abondamment, et plus qu’abondamment, même, portée sur les consoles et le PC (une quinzaine de fois…), notamment sous la forme de jeu en ligne, l’œuvre de Tolkien fait l’objet d’une tentative un peu différente avec L’Age des conquêtes. Ses concepteurs jouent l’analogie avec Star Wars Battlefront, un jeu de tir à la troisième personne qui a eu ses heures de gloire sur la PS2. Sauf qu’avec Gandalf, Frodon, Gimli et ses amis, point de tir.

Le joueur a le choix entre quatre catégories assez classiques de personnages : le guerrier, costaud de près, l’archer, habile de loin, le mage, guérisseur et destructeur, et l’éclaireur redoutable en catimini. A l’occasion, on peut également incarner Gandalf ; Faramir ou un Ent. Une des formules du jeu permet également d’incarner les méchants, orc ou troll.

Seul ou à deux (en écran splitté), on retrouve avec plaisir l’ambiance du Seigneur des Anneaux, y compris quelques scènes tirées du film, la musique et les représentations bien fichues des hauts lieux de l’aventure – le gouffre de Helm, les mines de la Moria, les portes du Mordor…

Mais là où ça se gâte un peu c’est que derrière un décor attirant, on découvre un jeu assez fouillis et parfois illisible. C’est qu’à moins de passer son temps à reculer devant l’ennemi, le héros se retrouve rapidement entouré de bestioles néfastes et n’a d’autre choix que de taper dans le tas frénétiquement en espérant faire de la place. Cela donne une bagarre générale où un troll ne retrouverait pas ses jeunes. Les attaques spéciales sont presque aussi compliquées qu’une séquence de ce bon vieux Simon ; enchaîner rapidement trois carrés, deux triangles, quatre ronds, suivis d’un carré, de deux L2, cinq triangles, rond, R2 et carré pour finir.

On exagère à peine. Et mieux vaut ne pas tomber sous les coups d’un ennemi. Avant de dire ouf et de se relever, vous en avez cinq sur le râble qui ont vite fait de vous faire passer de vie à trépas. Mais on s’habitue à ces filouteries, et cela n’est rien à côté d’une bande-son française qui a de quoi rendre fou. Une fois, dix fois, cent fois, une voix de sergent-major d’active vous dit de défendre une porte ou de conquérir un pont. A la longue, ça lasse. Des défauts de précipitation dans le chef des développeurs, les studios Pandemic. Hélas, le joueur aujourd’hui est un animal capricieux. Et pour la somme qu’il lâche, il attend moins de défauts.

Le Seigneur des anneaux : l’âge des conquêtes, Electronic Arts, 50 euros

DE MUELENAERE,MICHEL
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