Facebook va détrôner MSN

Technologies Le plus connu des réseaux sociaux a cinq ans !

Le plus généraliste des réseaux sociaux ratisse dans toutes les tranches d’âge. Et inquiète les entreprises.

Comment diable pouvait-on vivre quand Facebook n’existait pas ? C’est la question que se pose probablement une part appréciable des cent cinquante millions d’internautes inscrits au plus célèbre des réseaux sociaux. Qui fête cette semaine ses cinq ans. En Belgique, il serait le troisième site le plus visité, derrière Google et Live, le portail de Microsoft, devançant d’autres poids lourds du Net comme YouTube et eBay.

Ce site dont l’utilisation est gratuite, met à la disposition des internautes une série d’outils d’un emploi très aisé, permettant de rester en contact – ou de retrouver – ses amis, pour partager avec eux des photos, annoncer des événements ou échanger des messages. Pour une kyrielle d’utilisateurs, il est littéralement devenu une seconde famille, virtuelle.

Les ados ont si bien intégré ce nouvel outil de socialisation qu’ils ont un peu délaissé les grands classiques auxquels ils étaient accros jusqu’à il y a peu. Comme MSN Messenger, le logiciel de « tchat » de Microsoft, qui cède de plus en plus la place aux fonctions de messagerie instantanée que l’on trouve dans Facebook et n’a qu’à bien se tenir.

« C’est sûr que Facebook est moins souple que MSN pour tchatter, explique Lucie, 15 ans. On n’a pas autant de possibilités de changer l’apparence de son écriture et les alertes qui préviennent qu’un message est arrivé sont moins visibles. Mais d’un autre côté, c’est pratique de tout rassembler dans Facebook. Alors MSN, on en a moins souvent besoin. Par contre, ce qui est certain, c’est que la plupart des gens que je connais ont abandonné leur Skyblog pour mettre en ligne des photos et savoir où auront lieu les prochaines soirées. »

Le signe que quelque chose a vraiment changé avec la déferlante Facebook : il y a deux ans à peine, MSN était pour les ados le logiciel de communication incontournable et Skyblog la plate-forme favorite pour créer leur blog.

Un phénomène qui est d’ailleurs très loin de se limiter aux tranches d’âge les plus jeunes. Facebook ratisse très large. Bien des retraités qui n’auraient jamais taillé une petite bavette en ligne avec leurs connaissances et encore moins créé leur page web personnelle sont aujourd’hui des mordus. Et lors des réunions de famille, il n’y a plus grand monde pour s’étonner d’une nouvelle ou d’un ragot que l’on a ramassé sur Facebook. Vous pensiez épater la galerie en annonçant que machin s’est trouvé un nouveau petit ami à la soirée boudin compote de samedi dernier ? Pas de chance, tout le monde à déjà vu sa photo sur le site.

Il reste cependant bien des internautes qui n’ont pas – encore – succombé aux charmes de Facebook et restent irréductiblement allergiques aux coups de canif qu’internet donne à la vie privée. Les entreprises, elles aussi, commencent à se poser des questions sur l’opportunité de laisser leurs employés scotchés à Facebook tout au long de la journée. Certaines ont choisi d’imposer des mesures radicales, interdisant désormais l’utilisation de Facebook durant les heures de bureau. Une attitude qui a même déteint sur de grandes administrations publiques comme le Forem, qui depuis quelques mois a banni l’accès au site sur son réseau.

L’éventuelle perte de productivité n’est pas la seule justification donnée par les patrons qui ont dit « non » à Facebook. Certains évoquent également les risques liés à la sécurité. « La popularité de Facebook en fait une cible attrayante pour les créateurs de logiciels malveillants, note Jean-Paul Rosette, l’administrateur délégué de Flexos, une société wallonne spécialisée dans la sécurité informatique. N’importe quel site web peut présenter des failles potentielles. Mais les sites qui permettent une grande interactivité avec les internautes, comme Facebook ou Myspace, présentent un danger plus grand encore. » Selon Flexos, c’est par des sites populaires de ce genre que le risque de dissémination discrète de programmes dangereux est aujourd’hui à son niveau maximal.

JENNOTTE,ALAIN
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