Alma, la mère de toutes les peurs

Jeu vidéo F.E.A.R 2

Dans la catégorie des « jeux de tirs horrifiques » ou « survival horrors », Fear 2 s’en tire avec une note de sang pour sang. Et pourtant, le dernier-né des studios Monolith a fort à faire avec des Dead Space, Silent Hill ou Left4Dead. Mais grâce à un scénario haletant et à un usage particulièrement subtil des ressorts du vrai suspense, Fear marque définitivement les esprits.

Âmes et cœurs sensibles s’abstenir : ici ça dégouline, ça saute à la gorge, ça dézingue et ça démembre. Vous auriez dû vous en douter : en acceptant d’incarner un membre de la « First encounter assault recon », une unité d’élite chargée de traiter, par la force s’il le faut, les phénomènes paranormaux, il est clair que vous allez à l’encontre de quelques bricoles. Votre mission : trouver Geneviève Aristide, la directrice d’Armachan un centre de recherche sans trop de scrupules qui pratique des expériences suspectes. Dont la mise au point de « replica soldiers » une nouvelle génération de guerriers, nourris à la gonflette, aussi chargés qu’un Tour de France au grand complet, armés jusqu’aux dents et terriblement trompe-la-mort. De surcroît, ils peuvent se commander par télépathie. Grâce au team de Fear dont ils s’obstinent à contrarier les plans, ils vont pourtant la trouver, cette mort. Mais ils sont aussi pris à partie par des créatures gloutonnes, elles aussi issues de manipulations, qui laissent derrière elles rivières de sang et tas de tripes. Et par-dessus tout cela, il y a Alma Wade, une fillette aux pieds nus que son père, un inventeur un peu barge, a utilisée pour ses propres expériences. Mais voilà, Alma que l’on croyait morte lors du précédent épisode est de retour. Et s’appuyant sur ses terribles pouvoirs, elle a l’intention de faire place

nette.

Sous un hôpital décimé se cache un centre de recherche glauque et infesté d’hostiles. En chair et en os, on peut leur expliquer le sens de la vie à coups de fusil à pompe, de fusil d’assaut ou de grenades, mais lorsqu’on a affaire aux monstres, la conversation tourne court. Par-dessus tout, Alma semble trouver un malin plaisir à faire de soudaines apparitions au moment où l’on s’y attend le moins. Il y a du surnaturel dans l’air, des chuchotis, des cris, des flammes, de la fumée, des explosions ; tout au long de couloirs oppressants, dans les rues de la ville, dévastée par une explosion dont la fillette maléfique est apparemment responsable. Un grand moment de stress. Scénaristes et concepteurs s’en sont manifestement donné à cœur joie pour chatouiller « la plus basique des émotions humaines » : la peur. Cerise sur le gâteau, le tout est servi par une intelligence artificielle qui prend un malin plaisir à compliquer la tâche du héros.

F.E.A.R. 2 : Project Origin, Warner Interactive, 60 euros

http://blogs.lesoir.be/moi_jeux/

DE MUELENAERE,MICHEL
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