La Belgique revient en Antarctique

Ce dimanche à 18 heures, la Station Princess Elisabeth sera officiellement inaugurée. Les chercheurs belges ont à nouveau une adresse en Antarctique.

Le pari d’Alain Hubert, le président de l’IPF (la Fondation polaire internationale), est gagné. Après deux saisons de construction dans les Terres de la Reine Maud, non loin de l’endroit où fut jadis installée la base Roi Baudouin, une nouvelle station de recherche scientifique belge voit le jour en Antarctique.

L’inauguration aura lieu en grande pompe. La ministre en charge de la Politique scientifique fédérale, Sabine Laruelle (MR), et son collègue de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), seront sur le terrain pour couper le ruban en compagnie d’une cinquantaine d’invités de l’IPF. Le prince Philippe, président d’honneur de la Fondation, ne sera pas, lui, du voyage. Pas cette fois : le Palais royal annonce sa venue lorsque la station sera en phase de régime fonctionnel. Selon certains, une question d’orgueil protocolaire serait à la source de son absence : le prince Albert II de Monaco lui aurait volé la vedette.

Quoi qu’il en soit, ce retour des Belges en Antarctique est un événement. Depuis la fermeture de la base Roi Baudouin, il y a quarante ans, ils ne disposaient plus d’une infrastructure fixe sur ce vaste continent tout entier dédié à la recherche. À l’instigation d’Alain Hubert et de sa fondation, un nouveau projet a lentement mûri depuis le début de ce siècle : celui de construire là-bas une nouvelle station qui pourrait servir de modèle à toutes les nations antarctiques. Une station moderne ne produisant aucune sorte de rejets dans la biosphère, une station « zéro émission ». C’est aujourd’hui une réalité. Avec ses éoliennes, ses panneaux solaires thermiques et photovoltaïques, ses matériaux de pointe, son isolation poussée à l’extrême et ses systèmes de recyclage d’eau, le nouveau bâtiment ne devrait avoir qu’un impact insignifiant sur l’environnement.

Cette station, qui porte le nom de la fille aînée du prince Philippe de Belgique et de son épouse la princesse Mathilde, présente aussi la particularité d’être une station d’été. Pour des questions de coûts et de logistique, il avait été décidé dès le début que la « Station Princess Elisabeth » serait une base qui ne fonctionnerait qu’à la belle saison. Elle doit pouvoir accueillir 12 chercheurs dans des conditions optimales. Mais ce nombre peut être revu à la hausse au besoin.

Cette saison qui s’achève aura déjà vu cette année plusieurs équipes scientifiques travailler dans ses environs immédiats. Des glaciologues de l’ULB, des géologues japonais mais aussi un médecin militaire menant des recherches sur la santé mentale et physique des constructeurs de la Station, des microbiologistes de Liège et de Gand ainsi que des chercheurs de l’Observatoire royal de Belgique et de l’Institut royal météorologique y étaient à pied d’œuvre cet hiver.

La véritable première « saison scientifique » à la nouvelle Station sera toutefois pour l’an prochain. À ce moment-là, le cœur d’Elisabeth se mettra réellement à battre.

CHRISTIAN DU BRULLE

LE PORTFOLIO : Inauguration de la station polaire Princesse Elisabeth

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