Royal Boch dépose son bilan

Wallonie La dernière faïencerie de porcelaine du pays emploie encore 47 personnes

Quatre mois après sa mise sous concordat, la Manufacture louviéroise Royal Boch, fleuron de la faïencerie belge, jette l’éponge. Les commissaires au sursis estiment que l’épuration des dettes est désormais impossible : s’il existe bien pour 800.000 euros de commandes, l’ensemble des produits sont bloqués et une grande partie des stocks (plus de 2,5 millions de pièces) produits au Portugal et en Thaïlande, sont retenus aux dépôts de Arovo, l’une des sociétés créancières du faïencier. La direction a annoncé le dépôt de bilan ce jeudi au tribunal de commerce de Mons.

Pour le président du Setca wallon, Manu Morais, qui mène les négociations, il s’agit d’un projet de démantèlement annoncé de longue date. « Quand on fait état du passif de Royal Boch, on constate 16,4 millions d’actifs et 16,2 millions de créances, dont 12,3 millions pour le seul Frédéric de Mévius, administrateur de la Manufacture, à travers sa société MLF, assène le syndicaliste. Si l’on excepte cela, la dette ne s’élève qu’à trois millions d’euros. » Et d’ajouter que le plan ne visait que la vente des actifs : les marques, les collections, les terrains, etc. Or, la Région wallonne n’était prête à reprendre la marque qu’à condition qu’un projet industriel suive derrière.

L’impact de la conjoncture

« Ces accusations sont injustes. J’ai investi énormément d’argent dans cette affaire depuis des années, répond Frédéric de Mévius. Il faut faire les comptes. Si la société a pu vivre encore 15 ans, c’est bien grâce à tout le support financier qu’elle a reçu. Nous avions une belle progression du chiffre d’affaires en 2008, mais beaucoup de chaînes de distribution se sont rétractées. Le plan au moment du concordat était réaliste, mais les ventes n’ont pas permis de maintenir le cap. C’est d’ailleurs tout le secteur qui est touché. »

Dès l’annonce de cette nouvelle, les quarante-sept travailleurs de l’usine louviéroise, ont décidé d’occuper les bâtiments. Certains comptent entre 25 et 40 années de travail et n’ont jamais connu que ce seul emploi… C’est la quatrième fois que la firme, créée par des industriels luxembourgeois en 1840, et fournisseur de la cour depuis 1996, est au bord de la faillite. « Nous avions confiance en M. De Mévius. Mais comme les autres, il nous a trahis », dénoncent-ils. La seule solution pour sauver l’emploi serait, selon Manu Morais, de développer une activité artisanale mais avec une valeur ajoutée. Par exemple, le décor Boerenbond, très apprécié au Pays-Bas et qui représente 50 % du chiffre d’affaires. « Et surtout rapatrier le dépôt ». La Manufacture devait aussi intégrer un projet de rénovation urbaine à La Louvière. « Le projet du centre de la Faïence n’est pas abandonné, précise le baron de Mévius. Il n’y a pas de raison. »

SCHIAVETTO,FABRIZIO
Cette entrée a été publiée dans Economie, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.